Pétrole et Euro/Dollar

Pétrole et Euro / US Dollar

L’horizon tarde à s’éclaircir



En dépit d’une baisse de la volatilité sur les changes, la monnaie unique reste sous pression sous l’effet des divergences de politique monétaire entre la FED et la BCE et à quelques semaines d’une reprise des discussions sino-américaines.
Certes, le pire a été évité en Italie et le Parlement britannique a voté une loi écartant la possibilité d’un Brexit sans accord le 31 octobre prochain, deux éléments qui se veulent rassurants pour la stabilité de l’Union monétaire.
Pourtant, les négociations entre Pékin et Washington reprendront début octobre et personne ne s’attend vraiment à ce que l’une ou l’autre des parties lâche du terrain, en particulier à un an d’une élection présidentielle outre-Atlantique. La situation devrait donc impliquer le retour d’une certaine nervosité dans les cours et encourager de nouveaux arbitrages en faveur du billet vert.
Sur le plan monétaire également, le fossé se creuse encore. La BCE vient d’annoncer un nouveau paquet de mesures destiné à augmenter les doses réservées à une économie déjà sous perfusion : baisse de taux sur les dépôts, rachats de dettes publiques et privées sans limite dans le temps et prêts géants aux banques.
A l’inverse, la Réserve Fédérale a assuré le minimum syndical au mois de septembre en abaissant son taux directeur d’un quart de point, dans un contexte de guerre des changes de nature à déclencher agacement, pantomime et insultes en tout genre chez Donald Trump. La banque centrale américaine a même accompagné sa décision d’une révision en hausse de sa prévision de croissance pour 2019 (+2.2%). Et alors que l’inflation sous-jacente culmine à un point haut en douze mois (+2.4% sur un an), la probabilité d’une nouvelle action de la FED d’ici la fin de l’année a clairement diminué.
Imperturbable sur le plan graphique, l’Euro poursuit sa glissade dans la plus grande quiétude. En données hebdomadaires, chaque rebond au contact de sa moyenne mobile à 20 semaines offre une opportunité de vente tandis qu’un franchissement de 1.0989 en clôture ouvrirait la voie d’une accélération vers 1.0590 USD.
Mathieu BURBAU © 2019 Zonebourse.com

Pétrole : Secousses politiques


Après les récentes attaques de drones à l’encontre des installations pétrolières en Arabie Saoudite, les prix du pétrole ont fortement augmenté. Au lendemain de ces interventions destructrices, le contrat du Brent a connu une poussée de plus de 14%, la plus forte variation depuis 1991 (près de 20% en cours de séance).
Cette destruction de l’un des principaux gisements pétroliers du pays a réduit de plus de la moitié la production saoudienne, ce qui correspond à 5% de l’offre mondiale. Ces évènements ravivent les craintes d’un conflit dans la région, confirmées par les récents propos de Patrick Pouyanné, Président de Total, qui met en avant la tension extrême. L’étendue de la période durant laquelle les sites détruits seront en sous régime, et l’efficacité des solutions d’approvisionnement seront déterminantes pour les cours.
L’Arabie Saoudite a néanmoins déjà averti qu’elle disposait de stocks conséquents et que la production saoudienne sera entièrement rétablie fin septembre.
Graphiquement, en données mensuelles, les prix du Brent ont tenté une extraction à partir de la base des 56 USD afin de rejoindre la ligne supérieure des 72 USD.  Bien cadrées par ces deux bornes, les oscillations peuvent perdurer au gré des annonces. Il faudrait un débordement de l’un des deux niveaux graphiques pour donner un sens directionnel plus affirmé à l’évolution du prix du baril.
Patrick Rejaunier © 2019 Zonebourse.com

Article tiré du magazine Strike 206 / octobre 2019

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