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Pétrole et Euro / US Dollard

L’EURO/DOLLAR
Nouveau rebond et niveau-clé


Malgré de médiocres statistiques en Europe, la monnaie unique s’appuie sur les espoirs autour d’une résolution rapide du Brexit et surtout sur un réajustement des attentes en matière de politique monétaire, pour se relancer avec vigueur.
Les derniers comptes rendus de la FED et de la BCE font en effet apparaitre moins de divergences qu’escompté entre les deux grandes banques centrales. Les divisions au sein du Conseil des gouverneurs de Francfort, en particulier en matière d’assouplissement quantitatif (QE), alimentent les spéculations autour d’une politique un peu moins accommodante sous la direction prochaine de Christine Lagarde. A l’inverse, les inquiétudes de la Réserve Fédérale américaine vis-à-vis des tensions commerciales se sont manifestement accrues, ouvrant la porte à une nouvelle baisse de taux cette année.
Et les chiffres ne mentent pas. La contraction de l’activité manufacturière, qui enregistre des niveaux records en plus de dix ans, aux Etats-Unis comme en Allemagne, illustre concrètement les conséquences négatives de la politique protectionniste de Donald Trump. Alors même si un accord partiel, de nature à différer de nouvelles sanctions contre la Chine, a été annoncé, trop peu d’avancées majeures contribuent à ce stade à éclaircir l’horizon.
Côté Brexit, accord ou report limité apparaissent comme les deux scénarios les plus plausibles, écartant presque définitivement celui d’un no deal, particulièrement redouté par les marchés.
Graphiquement, l’Euro s’appuie sur ses récents points bas pour s’offrir un rebond d’une ampleur équivalente à celui de juin dernier (300 pips). Un nouvel essai à transformer alors qu’en données hebdomadaires, les cours évoluent désormais entre les moyennes mobiles à 20 et 50 semaines et s’approchent d’une résistance de long terme à 1.1197 USD. Celle-ci devra être effacée en clôture avant d’envisager contester la tendance de fond en place depuis début 2018.
Mathieu Burbau. Analyse réalisée le 22/10/2019. © 2019 Zonebourse.com

LE BRENT
Sans réaction à la nouvelle donne au Proche-Orient


Alors que la recrudescence des frictions géopolitiques au Proche-Orient tient en éveil les marchés pétroliers, force est de constater que les opérateurs ne semblent pas décider à sortir de leur position d’attente. Ce manque d’initiative implique une latéralisation des prix. Plus prosaïquement, le marché est toujours en quête d’un puissant catalyseur pour se mettre ordre de marche.
Sur le front géopolitique, l’attention des observateurs se porte désormais sur le territoire nord-syrien depuis le lancement, le 9 octobre, de l’opération « Fontaine de la paix » par la Turquie, qui vise à obtenir une zone tampon de 30 kilomètres de profondeur à sa frontière. Si l’offensive turque est suivie de près, et à bien des raisons puisqu’elle bouleverse les équilibres régionaux (notamment en faveur de Damas), il convient de ne pas sous-estimer d’autres théâtres d’opération où les tensions restent vives. C’est notamment le cas de l’opposition de l’Arabie saoudite et de l’Iran à travers ses proxy régionaux au Yémen. En atteste le nouvel incident d’un tanker iranien en Mer Rouge qui aurait été ciblé par deux missiles.
Du côté des fondamentaux, les opérateurs ne savent plus sur quel pied danser. Ces derniers font preuve d’hésitation entre la dégradation des indicateurs macroéconomiques et les avancées plus ou moins importantes sur l’accord commercial sino-américain et le Brexit. En effet, la dégradation des ISM manufacturier et des services, suivie cette semaine de la contraction surprise de la consommation américaine, tend à dresser un sombre tableau sur l’orientation de la demande de pétrole. A contrario, l’accord de principe conclu entre Pékin et Washington et le possible épilogue du Brexit suscitent un vent d’espoir sur les perspectives économiques mondiales.
C’est dans ce cadre que l’AIE (Agence internationale de l’énergie) et l’EIA (Département américain de l’énergie) ont, comme l’OPEP, révisé une fois de plus leurs estimations de croissance pour la demande mondiale de brut pour 2020. Également scrutée par les investisseurs, la production américaine ne faiblit pas malgré le déclin du nombre de nouveaux forages et s’établit à un record de 12.6 millions de barils par jour.
Graphiquement, en unités de temps hebdomadaires, il n’y pas d’améliorations à signaler du côté de la tendance de fond, qui demeure baissière comme l’indique l’orientation des différentes moyennes mobiles. Les cours testent une nouvelle fois un support majeur situé à 58 USD, que les acheteurs devront impérativement conserver. Sa rupture entraînerait effectivement une poursuite de la baisse en direction de 53 USD. 
Jordan Dufee. Analyse réalisée le 22/10/2019. © 2019 Zonebourse.com

Strike Magazine N°207 – novembre 2019

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