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Allemagne : une croissance au premier trimestre dopée par la Chine… Mais pour combien de temps ?

L’économie allemande a progressé à un taux exceptionnellement élevé de 0,6% au premier trimestre 2017 par rapport au quatrième trimestre 2016. Soutenue par la consommation des ménages, la croissance a également été stimulée par les exportations, en particulier en Asie. Toutefois, les difficultés rencontrées par l’économie chinoise ne devraient pas faire perdurer cet environnement favorable. D’après les équipes de recherche et d’analyse de Commerzbank, le PIB outre-rhin devrait redescendre d’un cran pour le reste de l’année.

Les données : le PIB allemand a progressé de 0,6% au premier trimestre. Même si cette performance était attendue par le consensus des analystes financiers, elle n’en reste pas moins remarquable surtout si elle est comparée à celle enregistrée de ce côté-ci du Rhin (0.3% en France). Selon l’Office Fédéral de la Statistique allemand, la forte croissance a été le fruit de solides investissements et fortes exportations.

Le rôle de la consommation : cette croissance relativement élevée (et évidente depuis un certain temps) a été principalement construite par la bonne tenue de la consommation et cela devrait continuer. En effet, le taux d’emploi atteint des niveaux records et l’époque où l’on voyait se multiplier des accords d’entreprise pour le maintien des salaires (et éviter leur hausse…) semble révolue. D’autant plus qu’en parallèle nos équipes de recherche économique n’ont aucun élément à disposition sous tendant une éventuelle hausse des taux d’intérêt de la BCE cette année qui pourrait ralentir cet environnement propice à la consommation. Ce premier trimestre a également bénéficié de la croissance des exportations, alors que les conditions météorologiques exceptionnellement douces ont stimulé l’activité de construction.

Le rôle de la Chine : sur la base de notre analyse, la forte hausse des exportations enregistrée depuis l’automne est principalement attribuable à la hausse de la demande en provenance d’Asie et de la Chine en particulier. Mais cela pourrait ne pas durer éternellement. L’empire du milieu fait face à certaines difficultés… Et elles devraient être encore plus visibles au cours du second semestre. D’une part, les entreprises publiques fortement endettées ne pourront pas maintenir indéfiniment leurs investissements massifs politiquement imposés. D’autre part, le gouvernement a quelques difficultés à contenir les risques liés au marché immobilier. La croissance des prix a déjà ralenti et une décélération de la croissance du secteur de la construction, très important en Chine, pourrait mettre fin au sursaut dont bénéficie l’économie allemande en ce moment. La baisse récente de l’indice des directeurs d’achats chinois pourrait en être une première illustration. Nos analystes prévoient un ralentissement de la croissance allemande sur le reste de cette année par rapport à la demi-saison d’hiver pour un rythme annuel qui devrait être de 1,6%, soit une moyenne de 0.33% par trimestre pour le reste de l’année.

Thibaud Renoult

Article tiré du magazine Strike 181 / Juin 2017

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