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Et si la BCE baissait ses taux en juillet ?

Alors que la réflexion se portait plutôt sur la date à laquelle elle devait monter ses taux directeurs il n’y a pas si longtemps, voilà que le débat se porte maintenant sur une éventuelle baisse du taux de dépôt pour cet été ! En déclarant mi-juin que, « dans les semaines à venir », le Conseil des gouverneurs examinera les moyens d’ajuster les instruments de politique monétaire, le président de la BCE, Mario Draghi, a ouvert la voie à une baisse des taux de dépôt de 10 points de base dès la prochaine réunion prévue le 25 juillet 2019.
Probablement attentif à la chute des prévisions d’inflation publiées à plusieurs reprises par différents acteurs du marché récemment, le président Draghi a souligné la volonté de la banque centrale d’agir dans son discours à Sintra :  « un nouvel assouplissement monétaire serait nécessaire sans une amélioration de la situation économique ». On ne peut pas être plus clair.
Draghi n’a exclu aucun instrument : la BCE pourra ajuster ses prévisions sur l’évolution de ses taux directeurs, abaisser le taux des dépôts et envisager ensuite des « mesures d’atténuation pour limiter les effets secondaires ». Les effets secondaires sont évidemment les taux négatifs qui nuisent à la santé du monde bancaire dans son ensemble et amoindri l’efficacité des mesures envisagées…
Selon Draghi, la BCE a également « une marge considérable » pour un programme de QE renouvelé. Draghi a explicitement souligné que la BCE avait le droit d’ajuster à la hausse la limite d’achat qu’elle s’est fixée par pays émetteur située actuellement à 33% du montant de la dette émise, si nécessaire.
Dans ce contexte, le département de recherche économique de Commerzbank s’attend à ce que la BCE abaisse son taux des dépôts de -0,4% à -0,5% lors de sa prochaine réunion, fin juillet.
C’est plus tôt que ce que nos analystes pensaient auparavant puisqu’ils s’attendaient à un tel mouvement au quatrième trimestre de cette année… De plus, comme le signalait Draghi dans son discours, la BCE annoncera son intention de réexaminer la mise en place d’un système de taux progressifs pour contrer ces fameux « effets secondaires » indésirables. Autrement dit, trouver un moyen de rendre au système bancaire les 7 milliards d’intérêt (du fait des taux négatifs) que la BCE reçoit pour les dépôts ! Nos analystes pensent que cela pourrait se faire lors de l’une des deux réunions suivantes, en septembre ou en octobre.

Article tiré du magazine Strike 204 / juillet Août 2019 

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