Édito

États-Unis : les craintes de récession sont exagérées

Non, l’économie américaine n’est pas entrée en récession au premier trimestre malgré ce que beaucoup craignaient. Cela faisait quelques mois que la question se posait chez les analystes : l’économie américaine allait-elle basculer en récession début 2019. Les observateurs étaient devenus pessimistes pour plusieurs raisons : un « shutdown » qui n’en finissait plus, des négociations tendues avec la Chine et un ralentissement économique mondial. Mais rien de tout cela n’a eu prise sur l’économie du pays de l’oncle Sam puisque celle-ci a connu un début d’année tout à fait honorable…

Nos analystes attendent une croissance annualisée de 2,5 % (1) au premier trimestre pour un consensus établi à 1,8 %. Ce serait mieux qu’au quatrième trimestre 2018 et plus élevé que la moyenne enregistrée depuis le début de cette reprise en 2009 !

Ils estiment que l’investissement privé bénéficie d’un dynamisme particulier. Le marché de l’immobilier résidentiel va contribuer positivement à la croissance pour la première fois depuis plus d’un an, stimulé par des taux d’intérêt plus faibles qu’attendus. Les dépenses d’équipement, la construction non résidentielle ou l’industrie des logiciels ont aussi été mieux orientées qu’attendu. La tendance est donc plutôt à l’optimisme et ne présage pas d’une récession.

Si la consommation, de son côté, marque le pas et ne devrait augmenter que faiblement, le marché du travail fonctionne bien, les revenus augmentent, ce qui devrait bientôt se traduire par une croissance plus rapide de celle-ci.

Dans l’ensemble, les équipes de recherche de Commerzbank prévoient une croissance de 2,5 % pour l’ensemble de l’année 2019, après 2,9 % en 2018, ce qui reste relativement robuste même si la croissance diminue. Il ne peut en être autrement car le catalyseur constitué par les réductions massives d’impôts prend fin et les hausses des taux d’intérêt de la Fed commencent à se faire sentir (2).

Mais depuis le début de l’année, le marché bénéficie de meilleures conditions avec une baisse des taux hypothécaires et une hausse du marché des actions. La balance penche toujours du bon côté, la confiance se maintient et nos équipes d’analystes persistent à penser qu’un glissement vers une récession est peu probable.

(1). La publication du PIB du 1er trimestre est attendue la semaine du 22 avril et n’est pas disponible à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes
(2). Les effets négatifs d’une hausse des taux d’intérêt sur la croissance économique sont au plus fort entre 18 et 36 mois après.

Article tiré du magazine Strike 202 / mai 2019

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