Édito

Ifo : toujours pas clair… Mais indéniablement pas une bonne nouvelle !

Après s’être stabilisé en mai, l’indice allemand du climat des affaires, l’Ifo, a reculé une nouvelle fois en juin de 102,3 à 101,8 points. Il confirme ainsi son orientation baissière entamée au début de l’année. Dans un contexte de possible guerre commerciale mondialisée, cette publication indique non seulement une érosion tangible de la croissance à court terme mais pourrait aussi indiquer un retournement de tendance jusqu’à la fin de cette année.

Les faits : l’indice du climat des affaires pour l’Allemagne est tombé en juin de 102.3 à 101.8 points.
Si les entreprises sont manifestement plus pessimistes qu’en mai (105,1 contre 106,1 points), elles ne sont en revanche pas plus pessimistes pour les six prochains mois (98,6, inchangé par rapport à 98,6) tout secteur confondus (manufacturier et services).

Notre analyse : les équipes de recherche de Commerzbank estiment qu’après un recul important au début de l’année, l’indice continue sa dégringolade, certes, mais à un rythme moins soutenu que précédemment. Il est donc encore trop tôt pour en tirer une quelconque conclusion… Mais la tendance, mesurée par la moyenne sur sept mois, est toujours clairement orientée vers le bas.

Plus globalement le ralentissement de la croissance économique au premier trimestre n’est pas dû au mauvais temps, à une épidémie de grippe ou à tout autre facteur ponctuel. Au contraire, plusieurs facteurs fondamentaux plaident en faveur d’un ralentissement plus prolongé qu’il faudra surveiller comme le lait sur le feu :
– L’euro a atteint son plus-haut au printemps (jusqu’à 9% de hausse). Nos analystes estiment que le potentiel effet (négatif) de cette hausse se fera sentir avec 3 trimestres de retard…
– La hausse des prix du pétrole devrait diminuer le revenu disponible des ménages d’environ 0,7% s’il continue de fluctuer autour de 75 $ jusqu’à la fin de l’année.
– Le président américain Trump alimente le conflit commercial avec la Chine et l’UE et a récemment menacé d’un droit de douane punitif de 20% sur les importations d’automobiles en provenance de l’UE… Cela mettrait en péril les chaînes de valeurs ajoutées mondiale (fabricants, sous-traitants, etc…) que les entreprises ont bâties au cours des 20 dernières années…

Les perspectives : dans le passé, de tels retournements ont duré en moyenne un an. Cela signifierait que la croissance économique allemande resterait faible jusqu’à la fin de cette année. La prévision de croissance de notre bureau de recherche économique pour le Pib allemand de 2,0% pour 2018 pourrait ne pas tenir…

Thibaud Renoult

Article tiré du magazine Strike 193 / Juillet-Août 2018

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