Édito

La baisse des taux et Tina…

Il ne s’agit ni d’une chanteuse de blues américain (Turner), ni d’une chanteuse de variétés françaises (Arena), cette Tina dont on parle n’est pas non plus une femme mais plutôt un acronyme rendu célèbre par une autre, Margareth Thatcher en son temps, pour décrire l’économie de marché comme le seul système qui fonctionne, et mettre fin au débat par les mots suivants : « There Is No Alternative*»… T.I.N.A. Une manière très anglaise de décrire notre monde actuelle un peu comme Winston Churchill décrivant la démocratie comme le pire des systèmes à l’exception de tous les autres !
Mais que vient faire Margareth Thatcher dans cet édito du magazine Strike, me direz-vous ? Et bien l’acronyme a été dévoyé et se met aujourd’hui au service du marché des actions !
Dans un contexte de baisse des taux généralisé, où le montant global de dettes dont le rendement est négatif (oui vous m’entendez bien, un taux négatif, où l’on est rémunéré pour emprunter de l’argent !) atteint un nouveau record à 17 000 milliards de dollars d’encours (environ 10 fois la capitalisation d’Euronext Paris), on se sert de TINA pour décrire la complexité dans laquelle se trouve les investisseurs aujourd’hui.
Il s’agit de décrire l’idée selon laquelle les investisseurs sont dans l’obligation de délaisser les obligations dont le rendement est peu ou prou inexistant au profit des autres classes d’actifs au premier rang desquels on trouve bien évidemment les actions (aux côtés de l’immobilier ou du non coté). D’après les utilisateurs de l’acronyme, ils n’ont pas le choix, il n’y a pas d’autre alternative ! Mais comment pouvait-il en être autrement avec TINA, on l’imagine si facilement dire au marché action : « You’re simply the best » (2), si l’on se réfère aux études à très long terme sur le rendement annualisé du marché des actions notamment publiées dans notre magazine Strike 204 de juillet / Août 2019.
Il est amusant également de constater que ce choix ne se pose pas uniquement pour les seuls investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou privés. Les entreprises cotées, elles-mêmes, tendent à aller dans la même direction. Microsoft a annoncé récemment un programme de rachat de ses propres actions à hauteur de 40 milliards de dollars… Pour l’indice Standard and Poors 500, au total, ce sont 1000 milliards de dollars qui ont été investis en 2018 par les entreprises cotées dans le rachat de leur propres actions ! Je vous conseille à ce titre l’excellent débat sur le sujet dans notre émission « Trade ou pas Trade ? » du 13 septembre 2019, visible sur notre site internet www.bourse.commerzbank.com ou notre chaine youtube www.youtube.com/user/CommerzbankBourse

Bonne lecture !
Thibaud Renoult

 (1)En français : Il n’y a pas d’autre alternative (ndlr à l’économie de marché)
(2) Nom d’une des plus célèbres chansons de Tina Turner qui signifie « Tu es simplement le meilleur »

Article tiré du magazine Strike 206 / octobre 2019

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