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L’avancée des pays émergents

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2016 fut une année difficile pour les pays émergents qui ont vécu des temps difficiles entre crises politiques, sorties de capitaux dans un contexte de chute des prix des matières premières.

Depuis un trimestre glissant, le soleil brille à nouveau sur ces pays. L’indice MSCI Emerging Markets,  représentatif des actions cotées de 23 économies émergentes, affiche une hausse depuis le début d’année de 9%. Cette performance est à mettre en exergue par rapport à l’indice MCI World qui regroupe 23 pays développés et qui ne progresse que de 3.6%.

Cette appétence des investisseurs pour les indices plus exotiques s’inscrit dans un schéma de relance des prix des matières premières, ce qui génère un réel intérêt en faveur des pays exportateurs.

Le Brésil reste le fer de lance de sa catégorie, avec un gain de 39% l’année passée, pour la bourse de Sao Paulo. Les marchés croient de plus en plus au programme de réformes du gouvernement Temer, en place depuis bientôt un an. Le renforcement du real (+20% sur un an glissant), la désinflation et l’assouplissement de la politique monétaire devraient soutenir une reprise graduelle de la croissance tout au long de 2017.

Du côté de la Russie, les clignotants sont proches de passer au vert. Le rouble a vu son cours progresser de 50% face au dollar sur la séquence annuelle, porté par une multitude de facteurs qui soutiennent sa vigueur. En premier lieu, la politique monétaire restrictive (taux à 10%) soucieuse de contenir les risques inflationnistes, puis la croissance qui pourrait revenir positive en 2017 après deux ans de récession. Enfin, le pays, troisième producteur mondial de pétrole a bénéficié de la remontée des prix de l’or noir. Cette perspective de rebond économique pourra d’autant plus se mettre en place si les sanctions internationales prises par l’Union Européenne et les Etats-Unis étaient levées.

Quant à la Chine, elle reste malgré tout le principal moteur de l’économie planétaire, avec une croissance anticipée pour l’année en cours de 6.5%, ce qui facilitera de ce fait une hausse du PIB mondial estimé à 2.7%. Son instabilité financière reste le plus gros risque mais le fait que son industrie ne soit plus en déflation constitue une bonne nouvelle. En tout cas, Pékin ne ménage pas ses efforts pour stabiliser son économie et sa devise.

La remontée graduelle des taux d’intérêt américains et, par conséquent, le renchérissement du billet vert ne devrait pas peser brutalement sur la capacité de remboursement des pays émergents. De plus, cela ne concerne que les pays importateurs de matières premières ou ceux qui possèdent un fort endettement à court terme.

Néanmoins, il conviendra de rester prudent car ces pays émergents dépendent beaucoup d’éléments exogènes sur lesquels ils n’ont que peu d’emprise comme la variation des prix des matières premières ou l’envolée du dollar. Des mouvements significatifs agissent directement sur leurs finances et par ricochet, sur le climat social et politique mais la récente crise mondiale entre 2008 et 2011 a montré que ces pays absorbent mieux les chocs.

Une dernière étude du cabinet d’audit et de conseil PwC intitulé « the world in 2050 » met en avant le fait que dans une trentaine d’années, le centre de gravité économique de la planète devrait s’éloigner des pays matures, avec la Chine et l’Inde comme leaders. La tendance de fond parait inéluctable et puissante.

Patrick Rejaunier

Article tiré du magazine Strike 178 / Mars 2017

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