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Le « hard Brexit » pousse le DAX à la hausse

Le Premier Ministre Britannique Theresa May a détaillé fin janvier comment elle envisageait la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Ce serait donc plutôt un « hard* Brexit ». Plus de marché unique ou quelconque union douanière mais plutôt une volonté de trouver un accord de libre-échange. Ces précisions sur un tournant plus radical de la sortie du Royaume ont soufflé vent arrière sur le marché action allemand et vent debout sur la livre sterling. Le bureau d’analyse de Commerzbank pense néanmoins que le Brexit n’aura que très peu d’impact sur les entreprises allemandes, ni positif, ni négatif pour celles dont une part importante du chiffre d’affaires est fait au Royaume-Uni.

Alors que du côté des gouvernements européens, il n’était pas évident de répondre d’une seule voix au discours de Theresa May, nous avons pu constater une réaction sans équivoque du marché allemand des actions et du marché des changes. Le premier nommé en a bénéficié de manière évidente alors que le deuxième a perdu 5 figures face à l’euro en quelques heures. Mais tout compte fait, l’impact devrait être assez neutre pour les entreprises de ce côté-ci de la manche…

Depuis le résultat du référendum le 23 juin 2016, la livre britannique s’est dépréciée de près de 12% contre l’euro et cela pèse sur les entreprises européennes opérant au Royaume-Uni. Toutefois, ces entreprises dont le chiffre d’affaires généré au Royaume-Uni est important ont couvert leur exposition au risque de change soit par le biais d’instruments financiers, soit en installant leur outil de production sur place, permettant de réduire leurs coûts en raison de la faiblesse de la livre : la boucle est bouclée.

Si la Livre Sterling s’est clairement dépréciée en 2016 par rapport à 2015, elle se maintient en revanche dans un intervalle proche de celui qui était le sien entre 2008 et 2014. La révolution attendra…

Enfin, nul ne peut vraiment escompter ce que seront exactement les effets négatifs du Brexit pour le Royaume-Uni ou pour l’Union européenne. D’une part parce qu’ils ne seront visibles que d’ici 2 ou 3 ans et d’autre part parce que nul ne sait précisément ce que sera le contenu de l’accord final entre les deux parties.

Thibaud Renoult

*Dur en anglais par opposition au « soft brexit ». « Hard Brexit » signifie une sortie sans nuance du R.U. de l’union Européenne

Article tiré du magazine Strike 177 / Février 2017

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