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Les « baissiers » sur le DAX tablent sur un scénario comparable aux crises des marchés émergents en 1997 et 1998…

D’après eux, les tensions persistantes sur les marchés émergents pourraient continuer d’exercer des pressions sur le marché des actions jusqu’en octobre, comme en 1997 et 1998 pendant les crises asiatiques et russes. Au quatrième trimestre en revanche, les économistes de Commerzbank tablent sur une reprise notable de l’indice pilote des actions allemandes, le DAX, à la hausse. Avec une politique monétaire encore relativement expansionniste de la BCE et de la Fed, les crises des marchés émergents ne semblent pas être en mesure de mettre un terme à la reprise mondiale.

La situation en Turquie a  pourtant de quoi semer le trouble dans l’esprit des haussiers : hausse des taux avec en corollaire un risque de défaut de la dette croissant, une monnaie en décrépitude (40% de dépréciation par rapport à l’euro l’année dernière) et un marché boursier en chute libre. Rappelons-le, le marché turque, c’est 21,5 milliards d’euros d’exportations allemandes et d’après la banque mondiale 1% du PIB mondial !

En outre, la hausse des rendements aux États-Unis et le raffermissement du dollar ont commencé à faire pression sur les pays ayant une dette élevée en billets verts, comme l’Argentine et la Turquie… En 1997, le baht thaïlandais libéré de son ancrage au dollar avait entraîné dans sa chute le reste de l’Asie et l’Amérique Latine… En 1998, la Russie avait fait défaut après la faillite du hedge fund LCTM. En conséquence, le DAX avait respectivement chuté de 20% en 63 jours de bourse du 31 juillet au 28 octobre 1997 et de 37% en 58 jours de bourse du 20 juillet au 8 octobre 1998.

Les investisseurs haussiers ou « bulls » comme on peut le dire à Wall Street, soulignent, eux, que l’évaluation actuelle du ratio cours sur bénéfices qui compare la capitalisation d’une action avec ses bénéfices, valorise à 13 fois les bénéfices attendus en moyenne sur les actions composant le DAX, niveau bien inférieur à celui qu’il était il y a 20 ans. La pression baissière est donc moins importante. En 1997, la valorisation moyenne des valeurs du DAX était passée de 24 à 19 fois les bénéfices attendus. En 1998, de 27 à 22… Cette correction majeure des marchés actions n’avaient, en outre, pas mis un terme à la hausse de l’indice outre Rhin sur le long terme. Il avait repris sa marche en avant jusqu’en 2000. La politique monétaire expansionniste de la Bundesbank à l’époque avait contribué à la croissance du PIB mondial jusqu’au « bug » de l’an 2000…

Thibaud Renoult

Article tiré du magazine Strike 194 / Septembre 2018

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