Archives : L'édito

Les prévisions d’inflation aux Etats-Unis, en hausse, pèsent sur les valeurs défensives

La hausse des prévisions d’inflation aux États-Unis alimente les discussions sur les modalités de resserrement du robinet monétaire par la FED. Cette dernière pourrait selon certains observateurs aller au-delà du consensus des analystes à moyen terme, ce qui accroît la volatilité du marché des actions. Les valeurs dites « défensives », comme celle du secteur de l’alimentation ou l’immobilier, historiquement plus sensible à cette configuration boursière, sont les plus susceptibles d’en souffrir…

La forte croissance économique et la bonne tenue du marché du travail n’ont pas laissé d’autre choix aux analystes que de remonter leurs anticipations d’inflation… Cela pourrait en convaincre certains de revoir à moyen terme leurs objectifs de taux directeurs de La FED et, par effet domino, de revoir leurs anticipations de resserrement monétaire de la BCE ce côté-ci de l’Atlantique. Il n’en faut pas plus pour accroitre la volatilité du marché des actions.

Certains secteurs pourraient également souffrir de cette configuration de marché. Les secteurs d’activité à gros endettement comme le secteur immobilier ou les services aux collectivités seraient les plus touchés par des prévisions plus élevées de taux d’intérêt.

Les valeurs défensives, de manière générale, subiraient de plein fouet la concurrence du marché obligataire, autre actif défensif, dont les taux de rendement deviendraient de plus en plus attrayants. D’autres secteurs pourraient en revanche tirer leur épingle du jeu comme la banque et l’assurance qui souffrent actuellement de taux d’intérêt extrêmement bas.

Une étude de performances sectorielles dans une configuration de marché équivalente effectuée par les équipes de recherche économique de Commerzbank confirme cette analyse. La corrélation moyenne entre la performance relative des secteurs d’activité et l’évolution des indicateurs d’inflation et de taux d’intérêt au cours des cinq dernières années montre que la hausse des taux d’intérêt pèserait sur les secteurs de l’immobilier, de l’alimentation, de la santé par exemple et soutiendrait en premier lieu le secteur bancaire et dans une moindre mesure l’automobile, l’énergie et l’assurance.

Thibaud Renoult

Article tiré du magazine Strike 195 / Octobre 2018

Abonnement Strike Magazine
Strike Magazine

Pour recevoir chaque mois Strike, le magazine des produits de Bourse Commerzbank

Abonnez-vous gratuitement