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PAROLE AUX PROS !

Pouvez-vous s’il vous plait vous présenter ainsi que votre service ?
Xavier Fenaux : Trader depuis 15 ans sur les marchés, j’ai exercé dans diverses sociétés : responsable d’un bureau d’analyses, gérant de portefeuilles, intervenant auprès de différents évènements, conférences et médias tel BFMBusiness, je partage désormais mon quotidien sur InteractivTrading.com. L’objectif d’InteractivTrading est le partage entre Traders professionnels et débutants, en temps réel. Nous transmettons notre méthode de Trading, nos Trades, notre façon de travailler, au travers d’une formation en ligne, de Carnets de Bord de Trading quotidiens, de trades en temps réel, de Live de Trading… Que ce soit en Swing Trading, Intraday et Scalping. Tout est disponible sur notre site et via notre application mobile pour être au contact des marchés et à nos côtés H24 7j/7.
Mathieu Lebrun : J’ai au départ une formation d’analyste financier. Mon expérience des marchés a réellement débuté en salle de marché chez Natexis Banque Populaire où j’ai appris les bases de l’analyse technique, il y a plus de 10 ans. Depuis 2009, je travaille pour les Publications Agora, une société de presse avec laquelle j’ai développé de nombreux services de trading ou lettres d’investissement. Je m’occupe du service « La Bourse au Quotidien PRO » depuis fin 2015 et du service « SMS Cash Alert » depuis fin 2017. D’une façon générale, j’analyse les marchés depuis plus de quinze ans, et j’ai au fil du temps développé une stratégie qui permet de cibler et de jouer les mouvements d’accélération ou de retournement des actions ou des indices. J’analyse et examine quotidiennement les marchés et les actions pour pouvoir proposer des trades dans mes deux services. L’objectif est de jouer ces fortes impulsions soit en cash actions, soit par l’intermédiaire de produits dérivés, les Turbos en priorité.
Laurent Polsinelli : Je suis analyste chez Zonebourse depuis 2005. Je m’occupe principalement des indices et des produits dérivés pour le site. Je rédige de manière quotidienne des recommandations sur des produits de dérivés et les membres du site peuvent recevoir des alertes en temps réel pour les prises de positions, par email et SMS. J’assure également le suivi des positions et rédige une recommandation de sortie quand j’estime qu’il est judicieux d’agir. Les alertes sont également disponibles pour les sorties, de telle sorte que la position est gérée intégralement.
Jean-Louis Cussac : Perceval Finance Conseil, organisme de formation, est une société que j’ai fondée en 1991. Sa spécialité est la formation au trading du débutant au professionnel et son objectif est de rester une école de formation d’excellence. Parallèlement, Perceval fournit aussi des stratégies de trading basées sur l’analyse des marchés en temps réel. Perceval trade sur ses fonds propres. Les bureaux sont situés : 72, avenue de la République – 75011 Paris et 94, cours d’Alsace Lorraine –33000 Bordeaux.

Comment qualifierez-vous le type de trading que vous pratiquez ?
Xavier Fenaux : J’aime avoir une vision globale des marchés sur TOUS les actifs. C’est donc du Swing Trading, basé sur la macroéconomie, microéconomie avec beaucoup d’analyse technique. Je prépare tous mes actifs préférés du moment avant le début de la semaine pour être prêt. Et ensuite, je réduis mes unités de temps une fois que mes plans se valident afin d’optimiser l’entrée de mes positions. Je garde aussi un oeil sur les mouvements les plus importants pour « aller là où se passe l’action ». J’ai donc un gros travail de préparation mais je sais qu’une fois qu’il est fait, je n’ai plus qu’à l’exécuter et à travailler sur les actifs les plus volatiles.
Mathieu Lebrun : Dans SMS Cash Alert, je me positionne dans une optique intraday ou pour des trades étalés sur quelques jours tout au plus. Ici, les sous-jacents traités sont très liquides dans la grande majorité des cas (indices ou bigcaps, matières premières, forex…). Mes trades sont basés sur la recherche de « points d’accélération ». Pour vous donner une image, c’est un peu le même principe qu’un élastique ou un ressort que l’on tend. Plus l’élastique est tendu, plus l’impulsion qui suit et l’énergie qui est dégagée derrière est importante. En Bourse, c’est pareil : plus un actif consolide ou « réfléchit » longtemps, plus, quand le mouvement « lâche », il est fort, rapide et important. Ensuite, une fois l’impulsion donnée, il y a un effet d’emballement, de boule de neige : la hausse entraîne la hausse et il en est de même pour la baisse. En essayant de nous placer dès les prémices de ce mouvement, cela nous permet de jouer des trades au risk/reward très attrayants. Pouvoir identifier des figures de compression ou de consolidation (type triangle, drapeau ou encore biseau) en amont est crucial, et le point commun de toutes ces structures, ce sont les fameuses bandes de Bollinger, l’indicateur de volatilité que j’utilise le plus. Un autre élément fondamental dans ma stratégie réside dans la détectionde « beaux » niveaux horizontaux. Je cherche en effet à jouer des supports ou des résistances importantes.
Laurent Polsinelli : Il s’agit d’un trading plutôt court/moyen terme. Les positions sont généralement conservées de quelques jours à quelques semaines maximum. Les prises de décisions sont basées sur l’actualité, puis l’analyse fondamentale pour le choix des valeurs, des sous-jacents et le timing est optimisé grâce à l’analyse technique.
Jean-Louis Cussac : Je travaille sur tous les horizons de trading et avec de nombreux instruments comme les Futures et les options. Mes opérations sont souvent des opérations croisées entre les Futures et les options ce qui inclut les Turbos surtout pour profiter de situations de gaps importants. Les actions font également parties de mes intérêts mais cette activité est plus cyclique. Il y a des phases de marché favorables et d’autres moins. Sur les indices il est toujours possible de faire quelque chose. Je travaille tous les horizons de temps et 3 dimensions : le prix, le temps et la volatilité.

Où allez-vous chercher de l’information ?
Xavier Fenaux : Aux sources ! C’est pour moi le plus vital dans le Trading que de ne pas être influencé par les avis, les opinions, les critiques, les conflits d’intérêts. Prendre l’information, la trier, la comprendre, se l’approprier et l’analyser soi-même sans être influencé. Pour la partie Macro, je vais essentiellement sur des sites américains et anglais tels MarketWatch, ZeroHedge, ForexFactory. Pour la partie Microéconomie, essentiellement sur le site ZoneBourse.com pour lequel j’ai été chef du bureau d’analyse et co-gérant de portefeuilles pendant plusieurs années. Pour la partie analyse technique, je travaille moi-même mes graphiques sur différentes plateformes, mes méthodes, mes niveaux, mes plans de Trading sans aller chercher d’information nulle part. Je les remets à jour au quotidien et ce, sur tous les marchés, tous les actifs.
Mathieu Lebrun : Des sources classiques type Bloomberg, Reuters, l’Agefi, Les Échos, le Wall Street Journal ou encore le Financial Times. Je consulte également des sites généralistes comme Boursorama ou Boursier.com pour leur vulgarisation/synthèse de l’actualité et leur côté ludique, afin de voir ce qui fait le « buzz » du jour. Certains sites anglo-saxons offrent en outre des regards alternatifs ou complémentaires assez intéressants. C’est notamment le cas de Marketwatch et d’Investing. Mais surtout, nous pouvons nous targuer de disposer aux Publications Agora d’un vaste réseau d’analystes internationaux. Nous publions de nombreuses analyses soit macroéconomiques, soit techniques et cela permet de croiser les regards, d’avoir des analyses souvent très contrariennes,ce qui me donne des idées que je ne trouve pas forcément dans la presse classique.
Laurent Polsinelli : Je récupère la majeure partie de l’information sur nos sites Zonebourse et Marketscreener, si une actualité n’est pas disponible en français. Nous disposons de la plupart des flux d’actualité, dont certains sont réservés à nos clients comme Dow Jones ou Reuters. Bloomberg est un outil supplémentaire d’information.
Jean-Louis Cussac : Je reçois beaucoup d’analyses de banques mais cela ne fait que participer à ma compréhension du contexte, en aucun cas ce peut être un critère de déclenchement de trade. Je prends l’essentiel de mes informations en analysant au quotidien les mouvements de marchés que je ne perds jamais des yeux grâce à des outils techniques de suivi et d’analyse performants. Le graphique du prix est l’information la plus précieuse à condition de savoir la décrypter !

D’après vous, la Bourse est-elle à la portée de tous ou encore réservée à un public averti ?
Xavier Fenaux : C’est à la portée de tous : désormais, avec l’essor de tous les produits ces dernières années, même avec un petit capital, on peut commencer à Trader. Le problème est justement que ce soit accessible trop facilement et donc que n’importe qui peut se lancer sans rien n’y comprendre. Donc certains débutent en partant du principe que c’est un « Pari » ou qu’on mise de l’argent qu’on va perdre, avec un effet de levier tellement important que le capital initial est souvent perdu en quelques heures… quelques semaines pour les plus « chanceux ». Il y a trop d’espoir de pouvoir gagner de l’argent facilement, sans trop d’effort. Sauf qu’il faut y passer des milliers d’heures avant de pouvoir espérer générer des profits réguliers dans le temps. Le métier de Trader n’est pas plus facile, ou plus compliqué qu’un autre… c’est juste que l’appât du gain « Facile » est trop tentant.
Mathieu Lebrun : Elle n’est plus réservée aux initiés ! Car avec l’émergence de nombreux courtiers en ligne et une certaine « vulgarisation » des informations de base, les marchés financiers sont devenus plus facilement accessibles – et compréhensibles – ces dernières années.
Laurent Polsinelli : La bourse est encore réservée à un public averti car il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte pour la prise de décision. L’actualité, la macroéconomie peuvent être interprétées de diverses manières par les opérateurs et engendrer une réaction contraire à celle que l’on imagine sur le marché. Les actions, les produits dérivés nécessitent des connaissances minimales et restent ainsi réservés à des « connaisseurs ». Les débutants peuvent aller dans un premier temps sur les OPCVM, comme par exemple notre fonds Europa One, éligible PEA.
Jean-Louis Cussac : À cause de la montée en puissance des algos et d’une évolution des marchés amplifiée par des contraintes de construction, la Bourse est surtout réservée à un public averti car de nombreux instruments sont très techniques. La logique fondamentale est souvent moins impactante, notamment en l’absence de visibilité comme en ce début 2019.

Quels types de produits utilisez-vous pour investir et pourquoi ?
Xavier Fenaux : Tous les types de produits que ce soit Futures, produits de Bourse et Actions. Tout simplement parce que chacun a ses avantages et inconvénients mais aussi ses périodes propices. Les futures : car sur un marché standardisé et que j’utilise depuis que j’ai commencé le Trading. Les produits de Bourse : dans une logique de couverture de portefeuille de compte titres et pour mettre un peu de levier dans certaines situations sur les actions, indices. Les actions : parce que c’est par là que j’ai commencé en Europe et aux États-Unis.
Mathieu Lebrun : J’investis à la fois en cash actions et, pour ce qui est des produits dérivés, sur les Turbos. Ils ont le mérite de la simplicité et de la transparence en termes de pricing en comparaison d’autres dérivés comme les Warrants (qui sont, eux, impactés par exemple par la volatilité ou encore le temps).
Laurent Polsinelli : Dans le cadre des stratégies sur les produits dérivés, j’utilise principalement les Turbos Illimités qui ne disposent pas de valeur temps et un levier maîtrisé. La barrière désactivante permet d’avoir un stop de protection automatique supplémentaire qui évite une perte totale du capital investi, en cas de scénario défavorable.
Jean-Louis Cussac : J’interviens sur les actions, les indices avec leurs dérivés : Future, Options centralisées et Turbos essentiellement sur les marchés français (Euronext). J’interviens également sur les devises mais ciblées sur l’Euro Dollar.

Quel a été votre meilleur investissement au premier semestre de cette année ?
Xavier Fenaux : Ça dépend si l’on parle en montant, en point d’entrée ou en nombre de points. L’or parce que j’ai réalisé 100 % de trades gagnants sur des points d’entrée Short parfaits. L’avantage de cet actif est qu’il y va franchement, lorsqu’il y a un signal Swing clair. Le BITCOIN sur lequel il y a de nouveau de l’action en ce premier semestre et qui m’a permis de réaliser plus de 200 % de performance sur une position en quelques semaines seulement.
Mathieu Lebrun : Avoir su conserver de nombreux achats d’actions réalisés en PEA dans La Bourse au Quotidien PRO au cours des premières semaines de 2019. Tout en ayant globalement bien su appréhender les quelques phases correctives des indices dans SMS Cash Alert. Il en a découlé un ensemble de trades très cohérent pour mes abonnés à ces deux publications.
Laurent Polsinelli : Pas d’investissement qui se démarque particulièrement des autres au premier semestre, les gains ont été pris assez rapidement sur les turbos, compte tenu de la faible volatilité. Les plus grosses performances ont été de l’ordre de 50 % sur différents sous-jacents tels que TechnipFMC, Sopra Steria Group, Trigano, M6, STM…Jean-Louis Cussac : SQLI environ +60 % et Altran +85 %. Je fais l’impasse sur les options où les performances sont à la hauteur des pertes potentielles. Il n’est pas rare sur les options de multiplier par 5 un investissement que l’on peut qualifier de spéculatif et qui ne doit pas dépasser 5 % par ligne.

Quel actif allez-vous suivre de près dans les mois qui viennent ?
Xavier Fenaux : Si Trump était un Actif, alors je le choisirai. Sinon : Tous, comme toujours, comme chaque jour en priorisant les actifs où les signaux techniques sont clairs, les tendances bien établies, et qu’il y a une logique micro et macroéconomique. Mais aussi les actifs où il y a de la volatilité car c’est sur ceux-là qu’on doit aller chercher de la performance et non pas sur ceux où on a envie d’avoir raison.
Mathieu Lebrun : Je vais garder sous surveillance le marché obligataire dans les mois à venir car je pense que les rendements des références en Europe (OAT/Bund) ne peuvent rester durablement sur les niveaux actuels. Avec notammentle changement à la tête de la BCE à l’esprit…
Laurent Polsinelli : Je surveille beaucoup d’actifs, mais l’or me semble être intéressant sur les niveaux actuels, d’autant plus dans un contexte d’aversion au risque avec les tensions commerciales. Il pourrait retrouver un status de valeur refuge, dans un contexte macroéconomique dégradé.
Jean-Louis Cussac : Étant constamment face à mes écrans, je vais continuer à suivre tous les actifs mais plus particulièrement les actions sur Euronext, les indices internationaux, l’euro dollar, l’or, le pétrole et même le Bitcoin. Je pourrais même préciser que la volatilité implicite est quelque chose que je suis tout particulièrement sur tous les produits.

Un conseil à donner aux traders débutants ?
Xavier Fenaux : Ne cherchez pas à passer 15 trades par jour. Visez plutôt entre 3 et 5 trades par semaine MAXIMUM bien placés plutôt que de faire du Scalping dans tous les sens sans rien comprendre. Moins vous Traderez, plus serein vous serez et plus de performance vous ferez… je vous le garantis.
Mathieu Lebrun : Prenez garde au money management et apprenez à perdre avant de vouloir gagner. Joueur de poker à mes heures perdues (qui se raréfient toutefois avec les enfants), de nombreux parallèles comportementaux existent entre la bourse et le Poker. Comme dans le jeu de carte, inutile de jouer toutes les mains, l’important est surtout de miser (et donc d’investir en Bourse) quand les probabilités de réussite augmentent et/ou sont en votre faveur.
Laurent Polsinelli : Limiter les effets de levier, diversifier au maximum les positions pour réduire le risque, respecter des règles de money management et s’abonner à notre service Premium sur Zonebourse, afin de pouvoir répliquer des portefeuilles, avec les valeurs disposant des meilleures notations fondamentales, sur les différentes zones géographiques.
Jean-Louis Cussac : Les logiques fondamentales sont souvent mises à mal par des logiques techniques. Il faut les comprendre. Ce sont par exemple des logiques de construction de marché (arbitrage, etc…). Il faut donc se former, on ne peut pas les inventer : « si vous pensez que la formation coûte cher, songez au prix de l’ignorance », Ray Kroc (fondateur de McDonald’s).

Article tiré du magazine Strike 203 / juin 2019

 

 

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