Archives : Pétrole et Euro/Dollar

Pétrole et Euro/Dollar 192

LE BRENT

Le Venezuela et l’Iran éclipsent les schistes américains

Une fois n’est pas coutume, les incertitudes autour de l’Iran et du Venezuela ont tiré les cours pétroliers à la hausse, permettant au Brent de passer symboliquement au-dessus de la barre des 80 USD. Les tensions géopolitiques constituent à ce titre le principal catalyseur du marché, qui travaille actuellement des niveaux extrêmement pertinents. La sortie des Etats-Unis, sans grande surprise, de l’accord sur le nucléaire iranien représente un notable relai haussier aux marchés pétroliers, fondamentalement en manque de repère. Washington promet d’adopter les sanctions « les plus dures de l’histoire », faisant craindre à une nouvelle escalade avec Téhéran. Toujours au chapitre des inquiétudes liées à la géopolitique, la réélection contestée de Nicolas Maduro au Venezuela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles sanctions américaines alors que l’industrie pétrolière du pays connaît déjà de sérieuses difficultés. En parallèle, la montée des cours incite les producteurs américains à intensifier leur activité. A ce titre, les indicateurs avancés de production enchaînent les sommets, la production américaine établissant un douzième record consécutif à 10,72 mbj (millions de barils par jour). Pour autant, force est de reconnaître que la montée en puissance de la production américaine est reléguée au second plan par les opérateurs, qui préfèrent saluer les prémices d’un rééquilibrage du marché alors que les stocks mondiaux tendent vers leur moyenne à 5 ans. Du côté de la demande, bien que celle-ci demeure robuste, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) révise légèrement à la baisse ses prévisions, en tablant cette année sur une croissance de 1,4 mbj (contre 1,5 mbj précédemment). L’institution impute cette baisse à de multiples éléments tels que la montée des cours, mais aussi aux incertitudes liées à la montée des différends commerciaux dans le monde. Graphiquement, en données hebdomadaires, la tendance demeure puissamment haussière, à l’image de la pentification des différentes moyennes mobiles. Néanmoins, la zone des 80 USD pourrait susciter des prises de bénéfices, qui acteraient le début d’une consolidation légitime. A ce titre, il faudra privilégier des achats sur repli, dans le sens de la tendance, au contact de la moyenne mobile à 20 semaines. On visera les récents sommets dans un premier temps, dont un débordement mènerait les cours vers 85 USD.

Jordan Dufee. Analyse réalisée le 23/05/2018.
© 2018 Zonebourse.com

L’EURO/DOLLAR

Inversion des flux

Alors qu’une coalition antisystème arrive au pouvoir en Italie, sur fond de ralentissement macroéconomique dans l’ensemble de l’Union monétaire, l’Europe n’attire plus les capitaux étrangers et la monnaie unique décroche face au Dollar. En Italie, l’accord entre La Ligue d’extrême droite et les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) panique en effet les milieux d’affaires. Bien qu’une sortie de la zone Euro ou un effacement partiel de la dette ne figurent plus parmi les ambitions des nouveaux dirigeants transalpins, les investisseurs craignent un dérapage budgétaire et une tension sur le marché obligataire. Sur le plan macro, l’inflation des Dix-Neuf peine toujours à décoller, les prix à la consommation ne progressant que de +1.2% sur un an au mois d’avril (+0.7% hors énergie et alimentation) tandis que la croissance de l’activité privée ralentit en mai à son plus bas niveau en dix-huit mois. Pas d’agitation prématurée en vue du côté de la BCE.
A l’inverse, le billet vert profite de statistiques vigoureuses outre-Atlantique, lesquelles intensifient les attentes autour d’une réaction plus offensive de la Réserve Fédérale et ont brièvement propulsé le rendement des obligations américaines à 10 ans au-delà de 3.1% pour la première fois depuis 2011. Le réchauffement des relations sino-américaines et les premiers accords sur le plan douanier entre les deux premières puissances mondiales éloignent par ailleurs le risque de guerre commerciale. Graphiquement, après avoir échoué à s’installer au-delà de 1.25 USD, l’Euro dégringole finalement sous 1.182 USD. L’ampleur du retracement avoisine 38.2% du mouvement haussier initié début 2017, un ratio cher à Leonardo Fibonacci. Selon la logique du mathématicien italien, le prochain niveau-clé correspondrait à un repli de 50% du même rallye, un seuil qui coïncide presque parfaitement avec notre support technique intermédiaire de long terme à 1.143 USD.

Mathieu Burbau. Analyse réalisée le 23/05/2018.
© 2018 Zonebourse.com

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Article tiré du magazine Strike 192 / Juin 2018

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