Pétrole et Euro/Dollar

Pétrole et Euro/Dollar 194

LE BRENT

L’offre grimpe, l’incertitude aussi

L’été n’aura pas été de tout repos pour les marchés pétroliers. Ces derniers peinent à emprunter une trajectoire lisible et demeurent grandement partagés entre les craintes d’une banalisation des politiques protectionnistes et les réapparitions ponctuelles de tensions géopolitiques. Fait symbolique mais riche de sens, le ministère chinois du Commerce a annoncé l’imposition de droits de douane sur le pétrole brut américain, barrières tarifaires qui entreront en vigueur le 23 août. Dans ce contexte, force est de constater que la morosité l’emporte, les cours du Brent perdant plus de 8% depuis le début du mois de juillet.

Du côté de l’offre mondiale, alors que l’incertitude demeure quant aux conséquences des sanctions US sur les exportations iraniennes, relevons que la tendance n’est clairement pas au fléchissement de la production mondiale. Au contraire, les pays membres de l’OPEP et leurs partenaires, dont la Russie, se sont mis d’accord fin juin pour augmenter leur production. Le cartel s’est ainsi doté d’une plus grande marge de manœuvre pour ouvrir ses vannes afin de compenser les perturbations du marché, notamment au Venezuela.

C’est notamment dans ce registre que la production russe flirte avec son record de l’ère post-soviétique, à près de 11,25 mbj. Il en est de même pour les Etats-Unis, dont l’extraction de pétrole de schiste ne faiblit pas. Celle-ci devrait à l’opposé continuer de croître selon les données de l’EIA qui table sur une production de 7,52 mbj en septembre pour les sept grands bassins de schiste (pour une production pétrolière totale avoisinant les 10,9 mbj).

Concernant la demande, les tensions commerciales cristallisent les interrogations des observateurs. Si l’AIE maintient dans son dernier rapport ses prévisions selon lesquelles la demande d’or noir devrait s’accroitre de 1,5 mbj en 2019, l’OPEP et l’EIA revoient leurs prévisions à la baisse de respectivement 130.000 et 140.000 bpj.

Graphiquement, en données hebdomadaires, la résistance des 80 USD a entraîné des prises de bénéfices, actant un mouvement de consolidation au sein d’une tendance de fond haussière. Dans ce cadre, les acheteurs gardent encore la main et devront impérativement sauvegarder la ligne symbolique des 70 USD, sous peine de laisser aux vendeurs l’opportunité d’aller chercher les 66 USD dans un premier temps, avant de viser par extension la zone des 62 USD.

Jordan Dufee. Analyse réalisée le 22/08/2018.
© 2018 Zonebourse.com

L’EURO/DOLLAR

Test d’un support de long terme

Divergences de politique monétaire, guerre commerciale et crise turque : la monnaie unique s’engouffre dans des niveaux inédits depuis plus d’un an.

Alors que les statistiques américaines continuent d’afficher leur solidité, comme l’illustre la progression du PIB de l’Oncle Sam au deuxième trimestre (+4.1% en données annualisés, un record depuis 4 ans), la Réserve Fédérale ne masque pas ses intentions de procéder à deux nouvelles hausses de taux d’ici la fin de l’année. La FED se félicite en effet de la bonne santé économique des Etats-Unis, minimisant au passage les incertitudes commerciales.

Pourtant, les droits de douane ne cessent de grimper aux quatre coins du monde, sous l’impulsion du protectionnisme sauvage de Donald Trump. Le président américain s’acharne en particulier sur la Chine, l’UE qu’il qualifie sereinement d’« ennemi » ou encore la Turquie, sur fond de tensions diplomatiques et d’inflation déjà galopante du côté de la Mer Noire (+16% sur un an).

Bien que la première puissance mondiale s’expose aux représailles de ses partenaires et voie déjà son déficit commercial rebondir, le Dollar bénéficie néanmoins de son statut de valeur refuge à ce stade.

La BCE, elle, ne semble en conséquence pas plus pressée qu’auparavant de normaliser sa politique monétaire. Déjà prudente quant au niveau de l’inflation sous-jacente (+1.1% sur un an au dernier pointage), l’institution se méfie des conséquences des nouvelles taxes américaines sur le commerce extérieur des Dix-Neuf ainsi que de l’exposition de certaines banques de l’Union monétaire à Ankara.

Techniquement, en données hebdomadaires, la monnaie unique parvient de justesse à préserver en clôture son principal support de long terme à 1.1430 USD. La configuration des moyennes mobiles à 20 et 50 semaines nous indique toutefois les difficultés actuelles de l’Euro qui pourrait accélérer vers 1.128 puis 1.0990 à l’occasion d’un prochain test du même seuil (1.143 USD).

Mathieu Burbau. Analyse réalisée le 22/08/2018.
© 2018 Zonebourse.com

AVERTISSEMENT : la rubrique « Analyse Zone Bourse » comprend la diffusion sans aucune modification des articles rédactionnels (analyses techniques, analyses fondamentales, notes de recherche), des analyses graphiques et des recommandations d’investissement à caractère général (ci-après designées collectivement “les informations“) produites par la société Surperformance SAS, éditrice du site Internet Zonebourse.com. Les informations de cette rubrique représentent une communication à caractère promotionnel et n’ont notamment pas été élaborées conformément à toutes les dispositions réglementaires visant à promouvoir l’indépendance des analyses financières. La Commerzbank et ses employés ne sont pas soumis à l’interdiction d’effectuer des transactions sur les instruments financiers présentés dans cette rubrique avant la diffusion du magazine Strike.

Article tiré du magazine Strike 194 / Septembre 2018

Abonnement Strike Magazine
Strike Magazine

Pour recevoir chaque mois Strike, le magazine des produits de Bourse Commerzbank

Abonnez-vous gratuitement