Pétrole et Euro/Dollar

Pétrole et Euro / Dollar

Le Brent

Le risque géopolitique soutient le marché

L’escalade des tensions touchant les pays du Golfe est surveillée de très près par les marchés pétroliers. Des menaces de guerre sont colportées alors que l’Arabie Saoudite et l’Iran se provoquent frontalement, de quoi susciter de nombreuses inquiétudes étant donné que la région fournit une part significative de l’offre mondiale. Ryad accuse Téhéran de soutenir l’attaque de ses installations pétrolières contournant le détroit d’Ormuz, principale voie d’exportation du brut de la région, que l’Iran menace de bloquer. Ces frictions montent désormais d’un cran après le sulfureux tweet de Trump, promettant « la fin officielle de l’Iran » en cas de conflit armé.
À ces tensions exacerbées se rajoutent diverses anticipations de marché sur la conduite adoptée par la large alliance OPEP+, qui doit décider le mois prochain de la poursuite ou non de sa politique de limitation volontaire de production. À ce titre, les principaux concernés laissent entendre que ces quotas de production pourraient être reconduits en raison d’une hausse du niveau des stocks mondiaux. Ainsi, malgré le déclin de la production vénézuélienne, victime de la situation socio-économique du pays, le recul important de l’activité iranienne, en proie aux sanctions américaines et la flambée des cours pétroliers depuis le début de l’année, l’OPEP+ pourrait poursuivre ses efforts.
Par ailleurs, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) estime que la croissance de la production américaine suffira à compenser la perte de l’Iran et du Venezuela, expliquant certainement la retenue du cartel pétrolier dans sa volonté de « stabiliser les prix pétroliers ».
Techniquement, en données hebdomadaires, l’hésitation des opérateurs demeure palpable comme l’atteste la présence de nombreuses mèches sur les dernières semaines. Un mouvement de latéralisation prend ainsi forme entre 70 et 75 USD. Celle-ci s’inscrit au sein d’une tendance de fond qui demeure haussière. Seul un retour en clôture hebdomadaire sous 70 USD constituerait une alerte baissière et impliquerait une correction jusqu’à 67.3 USD puis 63 USD.
Jordan Dufee. Analyse réalisée le 21/05/2019. © 2019 Zonebourse.com 

L’Euro / Dollar

Conflit commercial, Brexit et populisme

Pénalisée par le retour de la volatilité sur les marchés malgré des statistiques économiques qui s’améliorent, la monnaie unique creuse ses pertes en 2019.
« L’Euro n’a jamais été aussi menacé », fustige Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie. Des propos lourds de sens quand on connaît l’Histoire de la devise, tour à tour bousculée par la crise financière de 2008, le fiasco des dettes souveraines ou un recours acharné à l’assouplissement monétaire. Pourtant, entre un Brexit dans l’impasse, un conflit commercial musclé et la prolifération d’idées populistes dans l’ensemble des nations de l’UE, les facteurs d’incertitudes se multiplient.
En conséquence, la Commission européenne a de nouveau révisé en baisse ses prévisions de croissance en zone Euro pour 2019 et 2020.
Heureusement, les indicateurs relèvent la tête. Le PIB de l’Union monétaire progresse au-delà des attentes des économistes au premier trimestre (+0,4 %) tandis que le taux de chômage se replie à un niveau inédit depuis septembre 2008 (7,7 %), et que les prix à la consommation enregistrent une hausse qui se rapproche de la cible de la BCE (+1,7 % sur un an).
Autre signal positif, Washington, trop occupé à batailler avec la Chine, accorde six mois à Bruxelles afin de trouver un terrain d’entente quant à ses exportations d’automobiles outre-Atlantique.
Aux États-Unis justement, Jerome Powell a estimé que la relative faiblesse de l’inflation devait être attribuée à des facteurs « temporaires », le président de la FED douchant ainsi les espoirs de voir l’institution procéder rapidement à une baisse de taux, malgré la redondance des critiques de Donald Trump. Le scénario d’un statu quo durable est par ailleurs renforcé par une croissance vigoureuse au premier trimestre (+3,2 % en données annualisées) et par un taux de chômage historiquement bas au dernier pointage (3,6 %, un record depuis 1969).
Graphiquement, l’Euro poursuit donc sa glissade, mais à un rythme toujours modéré. La tendance baissière est nettement installée sur tous les horizons mais les traders les plus actifs ont davantage intérêt à profiter de chaque rebond technique pour initier de nouvelles ventes.
Mathieu Burbau. Analyse réalisée le 21/05/2019. © 2019 Zonebourse.com 

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Article tiré du magazine Strike 203 / juin 2019

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