Un été positif pour le CAC 40. C’est ainsi que l’on peut résumer les deux derniers mois. Fin juin, l’indice a d’abord rebondi sur fond de détente sur le front géopolitique. Le bombardement par les États-Unis des installations nucléaires iraniennes a mis fin à l’escalade avec Israël ; Téhéran n’ayant pas les moyens de riposter face à la puissance de feu américaine.
Une fois cette séquence géopolitique refermée, c’est la question des droits de douane qui est revenue sur le devant de la scène. En avril, Donald Trump avait suspendu les droits de douane réciproques pour 90 jours, soit jusqu’au 9 juillet. Mais les marchés ont finalement passé sans encombre cette date. En effet, plusieurs accords commerciaux ont alors été conclus, tandis que l’échéance a été repoussée au 1er août pour laisser davantage de temps à la négociation.
Fin juillet, c’est l’UE qui est parvenue à un accord avec les États-Unis. Une surtaxe de 15 %, assortie d’exemptions pour certains secteurs. À ce stade, les détails de l’accord doivent encore être précisés. Mais les indices européens ont réagi favorablement à l’annonce. Pourquoi une telle réaction ? Simplement parce que les Européens étaient sous la menace d’une surtaxe de 30 %.
Une séquence qui résume un peu la réaction des marchés à l’entrée en vigueur des droits de douane. Car cette fois Donald Trump n’a pas reculé, et a bel et bien respecté l’échéance du 1er août. Ainsi, la plupart des pays sont maintenant imposés entre 15 et 20 %. Mais, contrairement à avril, les marchés n’ont pas réagi avec la même nervosité. D’une part, le fait de définir un niveau de droits réduit l’incertitude. D’autre part, les accords conclus portent sur des tarifs moins élevés que les menaces initiales. Enfin, un autre facteur a soutenu les marchés cet été : les résultats d’entreprises qui, comme souvent, ont dépassé les attentes.
Depuis plusieurs mois, le CAC évolue dans un range assez étroit, entre 7 538 et 7 942 points. Ces derniers jours, la possible avancée dans les négociations entre l’Ukraine et la Russie sous la pression américaine a donné l’élan nécessaire au CAC pour sortir par le haut de ce range, avec maintenant le seuil symbolique des 8 000 points en ligne de mire.
Il faudra néanmoins être prudent à l’approche de l’automne. Au-delà d’une saisonnalité négative pour les indices, c’est à partir de maintenant que l’impact des droits de douane se fera réellement sentir. En effet, bon nombre d’entreprises avaient massivement constitué des stocks au début de l’année, avant la mise en place des barrières tarifaires. Cela a permis de repousser le moment où celles-ci doivent augmenter les prix pour compenser la hausse des coûts.
Toute la question désormais est de savoir qui prendra à sa charge les droits de douane entre le consommateur et les entreprises. Si ce sont les entreprises, cela pèsera sur les marges et donc sur les résultats. Si c’est le consommateur, ce sont les indices d’inflation qui remonteront. Dans ce deuxième cas, la Fed sera plus réticente à baisser les taux, ce qui est pourtant un catalyseur important pour les actions.
Compte tenu de ces incertitudes, il nous paraît donc difficile de voir le CAC 40 s’installer au-delà du niveau des 8 000 points. À court terme, nous estimons plutôt qu’il devrait continuer à évoluer dans le range 7 538/7 942 points.
Antoine Alves d’Oliveira
Responsable indices et produits dérivés
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