cac 40

Entre résultats et choc pétrolier

Depuis un mois, les places boursières vivent au rythme d’une véritable schizophrénie financière, tiraillées entre l’euphorie microéconomique générée par une saison de résultats étonnamment robuste et l’angoisse d’une détérioration géopolitique majeure.

Le CAC 40, notre baromètre parisien, a fait preuve d’une résilience remarquable sur ces trente derniers jours. Malgré des soubresauts liés aux gros titres internationaux, l’indice a su préserver son cap pour graviter autour de la zone des 8 200 points, affichant une surperformance relative par rapport à nombre de ses pairs européens.

Le fait marquant de cette période reste sans conteste l’enlisement du conflit au Moyen-Orient et le bras de fer naval qui s’y joue. Le blocus imposé par l’Iran et les États-Unis sur le détroit d’Ormuz, véritable goulot d’étranglement par lequel transite un cinquième de l’or noir mondial, a propulsé le baril de Brent bien au-delà de la barre psychologique des 100 dollars. L’absence de percée diplomatique, malgré la prolongation d’un fragile et illusoire cessez-le-feu annoncé par Washington, a ravivé le spectre d’une inflation importée durable.

Cette dynamique repousse logiquement les espoirs d’une baisse imminente et agressive des taux directeurs par la Réserve Fédérale ou la Banque Centrale Européenne, d’autant que les indices PMI témoignent d’une contraction inquiétante du secteur privé en zone euro, pris en tenaille par la hausse des coûts des intrants.

Outre-Atlantique, Wall Street a continué de dicter le tempo avec une dichotomie saisissante qui n’a pas manqué d’irriguer les places européennes. D’un côté, nous avons assisté à un mouvement de « FOMO » historique sur le compartiment des semi-conducteurs, l’indice sectoriel SOXX enchaînant dix-sept séances de hausse consécutives, une dynamique spéculative portée par l’insatiable appétit pour l’intelligence artificielle.

De l’autre, les tensions inflationnistes commencent à peser sur les perspectives. Les récentes publications américaines ont été sanctionnées avec sévérité, à l’image du repli d’IBM face au ralentissement de ses activités logicielles, ou de la prudence affichée par Tesla. Cela n’empêche pas Wall-Street d’aligner les records absolus, en attendant la suite des publications.

Pour le moment, 28 % des sociétés du S&P 500 ont publié leurs chiffres et 84 % d’entre elles ont dépassé les attentes concernant les bénéfices nets par action. Pour le premier trimestre, ils devraient ainsi progresser de 15,1 %, selon le consensus Factset, alors qu’ils étaient attendus en hausse de 13,2 % fin mars.

Les publications du T1 ont été le véritable catalyseur du CAC 40, permettant à l’indice de s’affranchir temporairement du fardeau pétrolier. STMicroelectronics en est l’illustration parfaite : le titre a magistralement capté le flux acheteur en rassurant sur l’écoulement de ses stocks, profitant de l’aspiration des valeurs technologiques américaines. Il gagne 57,6 % depuis le début du mois d’avril. Dassault Systèmes s’adjuge 18,1 %, Stellantis 18,9 %, Schneider Electric 14,1 %, Veolia 12,3 % et ArcelorMittal 11,6 %.

À l’inverse, les sanctions peuvent s’avérer brutales, à l’image d’EssilorLuxottica ou Safran qui perdent respectivement 13,9 % et 14,4 % sur les 5 derniers jours. Cela rappelle que le marché sanctionne violemment toute déception sur le chiffre d’affaires.

En données hebdomadaires, le CAC 40 demeure en phase de consolidation horizontale au sein du range 7 665/8 580 points et ne montre pas de réel signe de faiblesse. À plus court terme, la zone d’indécision se resserre et on suivra de près la sortie des 8 057/8 425 points pour agir. Une sortie par le haut de cette zone militerait pour un retour rapide vers les plus hauts annuels.

Dans le cas contraire, sous les 8 057 points, des dégagements plus marqués pourraient rapidement ramener l’indice parisien vers les 7 800 points puis 7 665 points.

Les niveaux actuels incitent donc à la prudence d’autant que la fièvre acheteuse aux États-Unis ne durera sûrement pas éternellement.

Laurent Polsinelli
Responsable indices et produits dérivés
© 2026 zonebourse.com, 24 mars 2026

CAC 40

Source : Les données chiffrées macroéconomiques proviennent de Bloomberg. Cours au 24 avril 2026.
Les données relatives aux performances passées ont trait à des périodes passées et ne sont pas un indicateur fiable des résultats futurs. Ceci est valable également pour ce qui est des données historiques de marché.

LES AUTRES INDICES

Dow Jones

L’indice Dow Jones a profité de bons résultats d’entreprises et du cessez-le feu au Moyen-Orient pour rapidement reprendre de la hauteur et revenir à quelques encablures de la borne haute de son range en données hebdomadaires (45 166/50 115 points). La réaction de l’indice dans cette zone de cours devrait être déterminante. Le franchissement des 50 115 points serait de bon augure pour une poursuite du mouvement en direction des 52 000 points.  LP, 27/04/2026

Cours au 24 avril 2026

OPINION MOYEN TERME

OPINION LONG TERME

Nasdaq 100

Malgré l’enlisement du conflit au Moyen-Orient, l’indice Nasdaq 100 s’envole de 15 % depuis le début du mois, toujours porté par les semi-conducteurs et l’appétence pour tout ce qui touche à l’IA. L’indice se dirige ainsi vers les 28 000 points, voire le seuil symbolique des 30 000 points et la dynamique haussière ne sera clairement pas remise en cause tant que l’indice demeure au-dessus des 25 858 points.  LP, 27/04/2026

Cours au 24 avril 2026

OPINION MOYEN TERME

OPINION LONG TERME

Nikkei 225

À l’instar de Wall Street, le Nikkei fait fi des tensions géopolitiques et de l’envolée des cours pétroliers, pour se hisser vers de nouveaux sommets. La tendance reste clairement soutenue par les résultats de la tech, des semi-conducteurs et valeurs liées à l’IA. On pourra maintenir un biais haussier sur l’indice en données hebdomadaires, tant que celui-ci demeure au-dessus des 54 000 points.  LP, 27/04/2026

Cours au 24 avril 2026

OPINION MOYEN TERME

OPINION LONG TERME