ÉDITO

Chine : Une économie à deux vitesses

La Chine, deuxième économie mondiale, se distingue par sa taille et sa diversification. Mais ses moteurs de croissance apparaissent de plus en plus déséquilibrés : si l’industrie et les exportations sont toujours très dynamiques, la consommation intérieure reste faible. Le 15e plan quinquennal, attendu en mars, doit préciser la stratégie chinoise face à ces défis.

D’où vient ce déséquilibre ? Pendant près de trois décennies, la croissance chinoise était proche de 10 % et s’est appuyée sur un modèle d’investissement massif dans les infrastructures, l’immobilier et l’industrie, financé par l’épargne domestique et le crédit. Ce modèle, efficace pour le rattrapage, atteint désormais ses limites : demande intérieure insuffisante, surcapacités et rendements décroissants… Pékin accélère donc la stratégie de « double circulation » annoncée en 2020 afin de renforcer l’autonomie technologique et soutenir le marché intérieur, sans renoncer à l’ouverture commerciale.

Le rééquilibrage interne restera lent. La consommation reste contrainte par la crise immobilière, les pressions déflationnistes et des freins structurels comme le vieillissement de la population et une protection sociale encore incomplète.

Une dépendance persistante aux exportations. En l’absence de moteurs internes solides, la Chine continue de s’appuyer sur ses exportations, malgré la montée des tensions commerciales.

Des politiques de soutien tournées vers l’innovation. La relance budgétaire reste ciblée et la politique monétaire accommodante, mais leur impact sur la demande est limité. Le 15e plan confirme les priorités : autonomie technologique et montée en gamme industrielle ; le rééquilibrage vers la consommation passe quant à lui au second plan.

Actions, obligations, devises : des opportunités sous contraintes. Si les actions bénéficient d’un rally technologique et de valorisations attractives, le marché obligataire, dominé par les investisseurs domestiques, offre des rendements faibles ; quant au yuan, maintenu bas par les autorités, il demeure frêle.

Par Clémentine Gallès
Chef économiste et Stratégiste Société Générale Private Bank

Lire l’intégralité de l’article sur le site https://www.privatebanking.societegenerale.com

“Si l’industrie et les exportations sont toujours très dynamiques, la consommation intérieure reste faible”

STRIKE 276

CHIFFRES CLÉS

23,9 %

C’est la chute du cours de l’action Stellantis cotée à Paris le vendredi 6 février. Le constructeur automobile a annoncé environ 22.2 milliards d’euros de charges au second semestre 2025, liées à la réduction de ses ambitions en matière de véhicules électriques. Cette information a surpris le marché qui attendait avant la publication du rapport annuel du groupe le 26 février.
Source : Reuters

100 ans

C’est la durée de l’obligation d’un milliard de livres sterling émise par Alphabet (Google). Une opération exceptionnelle dans la tech : l’obligation centenaire rémunérée à 6,125 % a été lancée dans le cadre d’une levée de fonds destinée à financer les 175 à 185 milliards de dollars d’investissements prévus par le groupe en 2026 pour ses data centers et ses infrastructures d’intelligence artificielle.
Source : Capital

130 000

C’est le nombre d’emplois créés aux États-Unis au mois de janvier. Le marché du travail américain s’est porté mieux que prévu, affichant un taux de chômage en recul à 4,3 %, alors que le consensus anticipait un taux inchangé à 4,4 %. Les créations d’emplois proviennent principalement des secteurs de la santé, du travail social et de la construction, tandis que la finance et les administrations publiques affichent des pertes d’emplois.
Source : Le Figaro