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Les yeux rivés sur les trimestriels

Contrairement aux indices américains qui sont actuellement sur leurs plus hauts annuels, les places européennes consolident depuis début mars, après les mesures annoncées par la banque centrale européenne.

Comme l’anticipaient les opérateurs, la banque centrale européenne a agréablement surpris en annonçant une vaste série de mesures pour relancer l’inflation et la croissance en zone euro. Elle a choisi d’abaisser ses principaux taux directeurs pour, en outre, inciter les banques à prêter davantage. Le taux de financement a été ramené à 0, le taux de dépôt abaissé de -0.3% à -0.4% et le taux d’escompte passe de 0.3% à 0.25%. La BCE procèdera également à l’accroissement du volume de rachats d’actifs (de 60 à 80 milliards d’euros par mois) et lancera un nouveau programme TLTRO sur une durée de 4 ans.

Les opérateurs ont brièvement salué la baisse des principaux taux directeurs et l’augmentation du programme de rachats d’actifs à 80 milliards d’euros par mois mais ont rapidement opté pour des prises de bénéfices, estimant que Mario Draghi ne disposait désormais de plus beaucoup de marge de manœuvre pour relancer la croissance et l’inflation en zone euro. Les annonces de la banque centrale européenne auront finalement eu l’effet inverse puisqu’elles ont favorisé le rebond de l’euro (+5% depuis le début de l’année), pénalisant ainsi les valeurs exportatrices européennes. De plus, la faiblesse des cours de matières premières, les soubresauts des marchés et les craintes de ralentissement économique à l’échelle mondiale ont poussé la Fed à la prudence. Cette dernière semble désormais fébrile à remonter ses taux d’intérêt pour ne pas nuire à la croissance américaine.

L’écart se creuse donc peu à peu entre les Etats-Unis qui bénéficient de la récente baisse du billet vert et l’Europe qui, en contrepartie, en pâtit.

A cela s’ajoute des statistiques toujours solides outre-Atlantique (reprise de l’immobilier, robustesse de l’emploi et de l’activité) qui contrebalancent avec des chiffres très fébriles au sein du Vieux-continent. Il n’en fallait pas plus pour justifier la correction des indices européens, à l’image du CAC40 qui a rapidement reperdu près de 350 points depuis ses plus hauts du 10 mars. La prudence semble désormais de mise des deux côtés de l’Atlantique alors que vient de débuter la saison des résultats du premier trimestre 2016. Concernant les sociétés du S&P500, les bénéfices ont reculé de 3.1% sur l’année 2015, la pire performance depuis 7 ans, en raison notamment de la faiblesse du pétrole, avec des sociétés dont les profits se sont effondrés de 75%. Sur le seul quatrième trimestre 2015, les bénéfices ont reculé de 11.5% par rapport à l’année précédente. Le consensus table sur une baisse de l’ordre de 7% des bénéfices au T1 2016. Outre ces chiffres, les opérateurs porteront une grande attention aux perspectives des sociétés, dans la mesure où les prévisions de croissance ont récemment été revues à la baisse. Les bonnes surprises pourraient néanmoins provenir de la baisse de 5% du billet vert, d’un consensus généralement trop prudent ou du rebond des cours de l’or noir. Les premières publications devraient donc être déterminantes pour la tendance à venir dans la mesure où l’Europe vient d’amorcer une reprise technique sur des supports charnières et Wall-Street demeure sur ses plus hauts annuels, à quelques pourcents de ses records historiques. D’un point de vue technique, après avoir testé ses plus hauts du début d’année situés vers 4580 points le 10 mars, le CAC40 a amorcé une phase de consolidation. Celui-ci vient de retracer 50% du mouvement de rattrapage amorcé début février, en revenant sur les 4240 points. Cette zone charnière suscite pour le moment une vive réaction haussière, avec les valeurs financières. A plus court terme, la volatilité est importante en Europe et il faudra désormais que l’indice confirme le franchissement des 4510 points pour rallier les 4700 points. Sous les 4510 points en clôture, il faudrait au contraire s’attendre à un nouveau mouvement.

Laurent POLSINELLI
. © 2016 zonebourse.com

CAC 40

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DOW JONES

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Profitant du rebond des matières premières et de la perspective d’un report de la hausse des taux US, le DOW JONES poursuit son rattrapage et revient à moins de 3% de ses records historiques. La prudence s’impose à l’approche de la résistance majeure des 18272 points, en cette période de publications trimestrielles. A court terme, une rechute sous les 17500 points constituerait un premier signal baissier militant pour de nouveaux dégagements en direction des 17000 points.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

NASDAQ 100

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Le NASDAQ100 poursuit également son mouvement de reprise depuis plusieurs semaines, au sein de son large range de moyen terme (4019/4716 points). La borne haute de ce range pourrait prochainement être ralliée. Sur un horizon de temps plus court, la dynamique positive ne sera donc pas dégradée tant que les cours demeurent au-dessus des 4350 points, zone de convergence des moyennes mobiles à 20 et 100 semaines.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

NIKKEI

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Le NIKKEI amorce une reprise technique depuis le 11 avril, porté par la récente baisse du yen et les anticipations d’une intervention de la Banque centrale japonaise pour faire baisser sa devise. La dynamique de fond demeure néanmoins baissière sous les 17000/17100 points, zone de convergence avec la moyenne mobile à 20 semaines. Seul le dépassement de ce niveau libèrerait un nouveau potentiel d’appréciation en direction des 17725 points
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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