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L’IA déclenche une nouvelle chasse aux sorcières sur les marchés

Que l’on évoque l’Intelligence Artificielle (IA) lorsque l’on parle des marchés financiers n’a aujourd’hui plus rien de surprenant. Entre enthousiasme et inquiétudes, l’IA s’impose comme l’un des principaux moteurs du marché : les entreprises du numérique et des semi‑conducteurs attirent des investissements massifs et enchaînent les records de capitalisation.

Dans cet engouement, le comportement des investisseurs devient plus sélectif. Les entreprises considérées comme bien positionnées sur l’IA continuent d’être récompensées, tandis que le moindre doute sur la capacité d’un acteur à s’adapter suffit à déclencher une correction brutale. L’enjeu n’est plus seulement de repérer ceux qui tireront parti de l’IA mais aussi d’anticiper les secteurs susceptibles d’être fragilisés.

En février, cette logique a pris la forme d’une véritable « chasse aux sorcières ». Dans la finance et l’analyse de données, des acteurs établis comme FactSet ou S&P Global ont vu leurs cours reculer de 11 % à l’annonce d’outils d’IA capables d’automatiser une partie de leurs services. De même, l’annonce début février du nouveau modèle d’Anthropic, concurrent d’OpenAI, capable d’écrire du code informatique de manière plus performante, a entraîné des ventes massives chez les éditeurs de logiciels.

Même des secteurs a priori plus éloignés ont été touchés. La présentation le 12 février par Algorhythm Holdings, ancien fabricant d’équipements de karaoké récemment reconverti dans l’IA, d’un logiciel affirmant pouvoir augmenter de 300 % les volumes de fret de ses clients, a suffi à faire chuter certaines valeurs de la logistique et du transport routier de 20 % en une journée. La startup à l’origine de l’outil à quant à elle vu son cours progresser.

Ces mouvements de marché traduisent une réaction logique des investisseurs : l’automatisation permise par l’IA commence à se matérialiser, ce qui fragilise immédiatement les acteurs perçus comme exposés. Déjà fortement investis dans la technologie, les investisseurs ne renforcent plus ces positions et se retirent des secteurs potentiellement perdants.

Victoria Rymar
Société Générale Produits de Bourse, 23 février 2026

Sources : Financial Times, Zonebourse, Meilleurtaux

STRIKE 276

CHIFFRES CLÉS

23,9 %

C’est la chute du cours de l’action Stellantis cotée à Paris le vendredi 6 février. Le constructeur automobile a annoncé environ 22.2 milliards d’euros de charges au second semestre 2025, liées à la réduction de ses ambitions en matière de véhicules électriques. Cette information a surpris le marché qui attendait avant la publication du rapport annuel du groupe le 26 février.
Source : Reuters

100 ans

C’est la durée de l’obligation d’un milliard de livres sterling émise par Alphabet (Google). Une opération exceptionnelle dans la tech : l’obligation centenaire rémunérée à 6,125 % a été lancée dans le cadre d’une levée de fonds destinée à financer les 175 à 185 milliards de dollars d’investissements prévus par le groupe en 2026 pour ses data centers et ses infrastructures d’intelligence artificielle.
Source : Capital

130 000

C’est le nombre d’emplois créés aux États-Unis au mois de janvier. Le marché du travail américain s’est porté mieux que prévu, affichant un taux de chômage en recul à 4,3 %, alors que le consensus anticipait un taux inchangé à 4,4 %. Les créations d’emplois proviennent principalement des secteurs de la santé, du travail social et de la construction, tandis que la finance et les administrations publiques affichent des pertes d’emplois.
Source : Le Figaro