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L’Or noir

Il y a un mois, nous évoquions les difficultés de la Chine et celles des indices américains et européens qui lui avaient emboîté le pas. Cette actualité au départ négative n’a eu aucun impact sur le cours du baril : depuis juillet, celui-ci a connu une hausse fulgurante de presque 30 %. Rien ne semble stopper l’Or noir. Comment expliquer ce paradoxe ?

L’Arabie Saoudite a tout simplement repris les cartes en main. Ces dernières années ont été marquées par une volonté des pays importateurs de pétrole de se diversifier pour ne plus dépendre uniquement des pays du Golfe. Cette tendance, qui a bénéficié aux pays d’Europe de l’Est, a essentiellement profité à la Russie. Détenant respectivement 10 % de la production mondiale (soit 10 millions de barils / jour), Moscou et Riyad se partagent généralement le devant de la scène. Mais les russes ont cédé peu à peu leur place en raison des événements géopolitiques actuels, les rapports de force au sein de l’OPEP+ ont été bouleversés, permettant aux saoudiens de mener la danse. Malheureusement pour les pays importateurs, l’Arabie Saoudite a de grandes ambitions et ses besoins financiers sont à la hauteur de celles-ci : le pays souhaite redorer son image et attirer les investisseurs à coups de milliards de dollars de dépenses publiques. Une facture nécessaire à financer qui requiert, selon certains, un prix du baril d’au moins 80 $. Après la chute du cours du baril à 70 $ en mars, Riyad a immédiatement annoncé vouloir réduire sa production d’un million de barils par jour. Entrée en vigueur en juillet, cette manœuvre, toujours d’actualité, tire mécaniquement les prix vers le haut. Déterminée, l’Arabie Saoudite veut conserver ce cap jusqu’en 2024. Côté chinois, premier importateur de pétrole, les récents résultats sont encourageants. Les ventes au détail, indicateur majeur de la consommation des ménages, progressent de 4,6 % sur un an (contre 2,5 % en juillet) et la production industrielle a également accéléré en août (+4,5 % sur un an). Ce vent d’espoir pour certains se révèle être une crainte pour les importateurs de pétrole. Le retour d’un tel mastodonte induit une fracture d’autant plus importante entre offre et demande. L’Or noir ne semble pas avoir dit son dernier mot. À vouloir voler trop haut, celui-ci pourrait néanmoins se brûler les ailes et causer un ralentissement économique et une baisse de la demande…

Emerick Gandais
Société Générale Produits de Bourse, 20 septembre 2023

STRIKE 249

CHIFFRES CLÉS

0,136

Il s’agit du cours du CNY/USD début septembre, son plus bas depuis 2007. Le yuan subit
une forte dépréciation depuis le début de l’année et celle-ci s’est intensifiée avec les déboires du secteur immobilier chinois.
Source : Bloomberg

4,50 %

Il s’agit du taux directeur Européen en hausse de +0,25 %. Le scénario se répète, dixième hausse consécutive…
Source : Bloomberg

20 %

Il s’agit de la performance réalisée par ARM Holdings le 14/09, jour de son introduction en Bourse. Si vous le souhaitez, il vous est possible dès maintenant d’investir sur ARM via notre gamme de Produits de Bourse.
Source : Bloomberg