ÉDITO

Les turbos ont 20 ans !

Il y a près de 800 ans naissait ce que l’on considère comme la première société par actions : les moulins de Bazacle, dont les titres, librement échangeables, versaient leurs dividendes… en farine ! Quelques décennies plus tard, sur le Rialto à Venise, on négocie déjà des participations dans des expéditions maritimes.

Trois siècles plus tard, à Anvers, les lettres de change se développent et posent les bases des transactions à terme, en raison de nombreux retards de livraison… À Amsterdam, un siècle après, les actions de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales s’échangent, parfois réglées en « épices », un terme qui donnera naissance au mot « espèces » utilisé de nos jours. Cent cinquante ans plus tard, Diderot décrit dans son Encyclopédie trois types de marchés déjà bien établis en ce même lieu : le marché au comptant, le marché à terme et, déjà… les marchés d’options.

Mais il faudra pourtant attendre la fin du XXe siècle pour démocratiser ces instruments. En 1989 apparaissent les warrants émis par SG (1). Ils permettent aux investisseurs particuliers d’accéder, via des produits cotés en Bourse et aussi facilement accessibles que des actions, à des instruments inspirés des options. Mais leur valorisation, fondée sur le modèle de Black-Scholes, requiert quelques connaissances en mathématiques financières pour bien les appréhender.

C’est de ce constat que sont nés les Turbos : simplifier, autant que faire se peut, la compréhension du fonctionnement d’un instrument permettant de profiter d’un effet de levier à destination des particuliers avertis. Avec une simple soustraction, on peut calculer leur prix, mais cette simplification requiert la mise en place d’une barrière désactivante qui met fin à sa cotation si elle est touchée par le cours de son sous-jacent. Aujourd’hui, les turbos représentent près de 7 milliards d’euros échangés chaque année, avec plusieurs millions d’ordres sur plus de 1 000 sous-jacents (1).

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Thibaud Renoult
Société Générale Produits de Bourse, 26 mai 2026

1. Sources SG.

“Diderot décrit dans son Encyclopédie trois types de marchés déjà bien établis (…) : le marché au comptant, le marché à terme  et, déjà… les marchés d’options.”

STRIKE 279

CHIFFRES CLÉS

68 %

C’est la hausse enregistrée par l’action Cerebras Systems le premier jour de son introduction en Bourse, le 14 mai dernier. Après une introduction à 185 USD par action portant sur 30 millions de titres, le cours du fabricant américain de semi‑conducteurs et de supercalculateurs s’est envolé en fin de séance pour atteindre 311 USD. Le titre a bénéficié de la dynamique actuelle du marché en faveur des valeurs liées à l’IA.
Source : Zonebourse

29,1 millions

C’est le nombre de passagers accueillis en avril par les aéroports gérés par le Groupe ADP, un recul de 4,9 % par rapport au mois d’avril 2025. L’instabilité géopolitique au Moyen Orient et la hausse du prix du pétrole continuent à peser sur le secteur du transport aérien, le trafic restant affecté par les ajustements des programmes de vols ainsi que les restrictions d’accès à certains espaces aériens.
Source : Investir

81,6 Mds$

C’est le chiffre d’affaires trimestriel publié par Nvidia le 21 mai, dépassant le consensus FactSet qui tablait sur 78,9 Mds$ au premier trimestre 2026. Le chiffre d’affaires a grimpé de 85 % sur un an, porté principalement par les revenus des centres de données, qui ont eux augmenté de 92 %. La construction d’usines d’IA, de centres de données, ainsi que l’accélération de l’adoption de l’IA agentique contribuent à consolider les résultats et la position stratégique de Nvidia dans le secteur.
Source : MT Newswires