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Le pétrole et le Moyen-Orient dictent la tendance

Trente jours mouvementés ont laissé le CAC 40 osciller entre 7 850 et 8 280 points, avec un net coup d’accélérateur ces derniers jours à la faveur de la détente des prix de l’énergie.

L’indice parisien s’adjuge environ 1 % sur un mois, après un trou d’air début mai lié au choc pétrolier et à la poussée des rendements obligataires. Le reflux du Brent sous 100 dollars, sur l’espoir d’un accord américano-iranien rouvrant le détroit d’Ormuz, a ranimé l’appétit pour le risque : valeurs industrielles, transport aérien et banques ont mené le rebond, tandis que l’énergie consolidait.

Le moteur de marché a été géopolitique. La perspective d’un protocole d’entente entre Washington et Téhéran – malgré des points d’achoppement sur l’uranium enrichi et le statut d’Ormuz – a comprimé la prime de risque : pétrole en repli et détente concomitante sur l’inflation anticipée. Les flux physiques à Ormuz restent limités, mais des passages de navires et la médiation qataro-pakistanaise ont suffi à réancrer des scénarios plus bénins. En miroir, l’Europe, grande importatrice d’hydrocarbures, a surperformé, le Stoxx 600 revenant au contact de ses sommets de fin février.

Sur le plan monétaire, l’arrivée de Kevin Warsh à la présidence de la Fed n’a pas modifié l’équation immédiate : marché du Trésor ferme et probabilité de nouvelles hausses repoussée plutôt à la fin d’année. En zone euro, la BCE reste attendue au tour de vis de juin, même si l’allègement de la pression énergétique rend le message plus conditionnel. Cette respiration sur les taux longs a directement soutenu les marchés actions, en particulier en France, où la prime de risque s’était tendue.

Wall Street a servi de garde-fou psychologique. Le Dow Jones a enchaîné des records, le S&P 500 aligne huit semaines de progression, et la saison américaine s’achève sur une note résiliente. La plupart des sociétés du S&P 500 ont dévoilé leurs chiffres trimestriels et plus de 84 % d’entre elles ont dépassé les attentes concernant les bénéfices nets par action. Ils devraient ainsi afficher une progression de 28,4 % au premier trimestre, selon le consensus Factset (contre 13 % fin mars). Il s’agit de la plus forte hausse depuis le T4 2021 (32 %).

Au-delà de Nvidia – résultats supérieurs aux attentes mais des interrogations sur l’intensification concurrentielle – la chaîne IA a essaimé : IBM a bondi sur les perspectives quantiques, Dell et HP ont profité du cycle d’équipement, et la techno élargie a entretenu l’élan.

À Paris, les valeurs sensibles à l’énergie (aérien, hôtellerie, matériaux) ont réagi en tête au reflux du baril, tandis que l’énergie cédait du terrain. Les financières ont trouvé un second souffle avec la détente des spreads souverains.

La trajectoire à très court terme dépend d’un enchaînement : validation d’une désescalade concrète au Moyen-Orient, matérialisation de flux pétroliers supplémentaires et confirmation que l’inflation importée reflue. À défaut, l’élastique se retendra rapidement sur les cycliques.

Sur un mois, les performances s’avèrent donc très disparates. STM engrange 38,3 %, ArcelorMittal 15,9 %, Safran 9,3 %, BNP 6,7 %, Publicis 6,1 % et Accor 5,4 % tandis qu’Eiffage perd 6,5 %, Danone 6 %, Michelin 5,3 % et Essilor Luxottica 4,9 %.

Graphiquement, l’indice demeure en phase de reprise sur les différentes échelles de temps. En données hebdomadaires, le CAC 40 reste enfermé au sein du range 7 665/8 580 points. À court terme, la zone d’indécision se resserre et on suivra de près la sortie des 7 950/8 425 points pour avoir plus de visibilité sur l’orientation à venir.

Laurent Polsinelli
Responsable indices et produits dérivés

© 2026 zonebourse.com, 27 mai 2026

CAC 40

Source : Les données chiffrées macroéconomiques proviennent de Bloomberg. Cours au 25 mai 2026.
Les données relatives aux performances passées ont trait à des périodes passées et ne sont pas un indicateur fiable des résultats futurs. Ceci est valable également pour ce qui est des données historiques de marché.

LES AUTRES INDICES

Dow Jones

Les bons résultats trimestriels et la détente du marché obligataire ont permis à l’indice Dow Jones de poursuivre sa course aux records ces dernières semaines, évoluant désormais à quelques encablures des 51 000 points. En données hebdomadaires, la dynamique haussière restera donc intacte tant que l’indice demeure au-dessus des 48 890 points, niveau correspondant à la moyenne mobile à 20 semaines.  LP, 27/05/2026

Cours au 22 mai 2026

OPINION MOYEN TERME

OPINION LONG TERME

Nasdaq 100

La frénésie pour l’IA et les semi-conducteurs ne semble trouver aucun répit, à l’image du NASDAQ 100 qui poursuit son envolée, se rapprochant un peu plus du seuil symbolique des 30 000 points. L’indice affiche une performance de l’ordre de 18 % depuis le début de l’année, dont la moitié sur le seul dernier mois. À court terme, seul un retour sous les 26 100 points dégraderait la configuration.   LP, 27/05/2026

Cours au 22 mai 2026

OPINION MOYEN TERME

OPINION LONG TERME

Nikkei 225

À l’instar de ses homologues américains, l’indice Nikkei progresse quasi en ligne droite depuis 1 an, porté notamment par les valeurs technologiques et la faiblesse persistante du yen. En données hebdomadaires, la dynamique demeure clairement haussière au-dessus des 57 230 points, zone de convergence avec la moyenne mobile à 20 semaines. Une poursuite du mouvement pourrait permettre de rallier prochainement le seuil des 70 000 points  LP, 27/05/2026

Cours au 26 mai 2026

OPINION MOYEN TERME

OPINION LONG TERME