ÉDITO

Les moteurs de croissance résistent

La croissance mondiale repose aujourd’hui sur deux moteurs principaux : les investissements liés à l’intelligence artificielle et les plans de soutien publics. Malgré les chocs qui touchent l’économie, qu’il s’agisse de la hausse des prix de l’énergie ou du maintien de taux d’intérêt élevés, ces dynamiques demeurent solides. Paradoxalement, cette résilience contribue également à entretenir la pression sur les taux d’intérêt à long terme. D’une part, elle alimente le risque d’une inflation plus persistante ; d’autre part, elle s’accompagne de besoins de financement considérables, intensifiant la concurrence entre les différents acteurs économiques pour capter l’épargne disponible.

La hausse des taux a été particulièrement marquée en France, reflétant une trajectoire budgétaire dégradée et un environnement politique incertain. Ces tensions pourraient perdurer et peser sur la croissance à long terme. Si elles venaient à se diffuser plus largement aux autres marchés européens, la Banque centrale européenne pourrait être amenée à intervenir afin d’en limiter les effets et de préserver des conditions de financement favorables au sein de la zone euro.

Notre préférence pour les actions se confirme

Les deux moteurs de croissance évoqués précédemment devraient continuer à soutenir l’activité des entreprises et leurs résultats. Dans ce contexte, nous maintenons notre préférence pour les marchés actions, avec une conviction particulière en faveur des États-Unis, qui demeurent au cœur de la dynamique liée à l’intelligence artificielle.

Nous restons également constructifs sur les marchés européens, même si ceux-ci pourraient connaître davantage de volatilité si les tensions persistantes en France devaient se prolonger. Pour des raisons similaires, nous conservons une préférence pour le dollar face à l’euro. En revanche, nous prenons nos bénéfices sur les actions des marchés émergents hors Chine, dont la performance a largement bénéficié de l’enthousiasme des investisseurs pour le thème de l’intelligence artificielle.

Le retour du portage obligataire

La résilience de la croissance et l’ampleur des besoins de financement pourraient maintenir une pression haussière sur les taux d’intérêt…

(lire la suite sur le site www.privatebanking.societegenerale.com rubrique « insights »)

Clémentine Gallès, Chief Economist and Strategist Société Generale Private Banking,
Juan Carlos Mendoza Diaz, Economist and Strategist Société Generale Private Banking

“Ces tensions pourraient perdurer et peser sur la croissance à long terme.”

STRIKE 283

CHIFFRES CLÉS

4,90 %

C’est le niveau atteint par le rendement de l’OAT française à dix ans le 1er octobre, son plus haut depuis 2002. Le taux avait franchi 4 % fin juillet, puis 4,5 % à la mi-septembre. L’écart avec le Bund allemand, référence du marché obligataire européen, s’établissait autour de 137 points de base à la mi-octobre, contre environ 70 un an plus tôt. Le report du retour du déficit public sous le seuil de 5 % du PIB a constitué le principal déclencheur de ce mouvement.

Source : Banque de France, Agence France Trésor

115 $

C’est le niveau atteint par le baril de Brent fin octobre, au plus haut depuis six mois. La référence mondiale du brut a été soutenue par la persistance des tensions au Moyen-Orient, dont les effets se diffusent bien au-delà du seul marché pétrolier. Cette fermeté alimente directement la composante énergie des indices de prix, de part et d’autre de l’Atlantique, et constitue à ce titre l’un des éléments qui ont conduit les banques centrales à durcir leur position cette année. Un repli des cours offrirait à l’inverse une marge de manœuvre supplémentaire aux marchés obligataires comme aux actions.

Source : ICE

+24 %

C’est la performance de l’action Rémy Cointreau depuis le début de l’année, à comparer au recul d’environ 11 % enregistré sur la même période par Pernod Ricard. Deux acteurs français des spiritueux, exposés aux mêmes marchés finaux, affichent ainsi un écart de performance de plus de trente points. Un rappel que l’appartenance à un même secteur ne suffit plus à expliquer les trajectoires boursières.

Source : Zonebourse