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Les taux longs américains renouent avec leurs sommets d’avant crise
L’été 2026 a été marqué par une nouvelle tension sur le marché obligataire américain. Le 18 août 2026, le rendement des obligations du Trésor à 30 ans a atteint 5,33 %*, un niveau inédit depuis juin 2007. Le 10 ans s’est de son côté rapproché de 4,75 %*, au plus haut depuis dix-neuf mois. Un mouvement qui traduit l’anticipation par les investisseurs d’un environnement de taux durablement élevés.
En début d’année, les marchés tablaient encore sur plusieurs baisses de taux de la Réserve fédérale. Mais la résilience de l’économie américaine et un baril évoluant autour de 90 dollars*, après plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient, ont progressivement modifié ce scénario. Lors de sa réunion de juillet, la Fed a maintenu sa fourchette cible inchangée à 3,50 %-3,75 %* (au 29 juillet), mais le vote s’est conclu à neuf voix contre trois, les dissidents plaidant pour une hausse de 25 points de base. Après les 75 points de baisses cumulés en 2025, il s’agirait non pas de la poursuite d’un resserrement, mais d’un véritable retournement de cycle : la division la plus restrictive au sein du comité depuis 2016.
Cette remontée des rendements traduit également le retour du scénario de higher for longer : les investisseurs considèrent désormais que les taux d’intérêt pourraient rester élevés plus longtemps qu’anticipé. Une perspective qui renchérit le coût du financement pour les entreprises et pèse sur les actifs dont les valorisations reposent fortement sur la croissance future.
Les marchés actions n’ont pas été épargnés. Après plusieurs trimestres de progression soutenue, les valeurs technologiques ont connu des prises de bénéfices durant l’été, les investisseurs s’interrogeant sur les niveaux de valorisation atteints par certains géants de l’intelligence artificielle. À l’inverse, l’énergie a profité de la fermeté des cours du pétrole et la finance d’un environnement de taux porteur pour ses marges d’intérêt, ces deux secteurs affichant les meilleures performances de la période.
À l’approche de la rentrée, les investisseurs restent donc attentifs aux prochaines publications d’inflation et à la réunion de la Fed du 16 septembre. Après une décennie et demie durant laquelle les taux longs sont restés durablement bas, leur retour à des niveaux inédits depuis la crise financière pourrait bien confirmer l’entrée dans un nouveau régime de marché.
Julia Amar
Société Générale Produits de Bourse, 25 août 2026
* Sources : Bloomberg, Federal Reserve
STRIKE 281
CHIFFRES CLÉS
4 Mds$
C’est le montant minimum par opération que le Trésor Américain consacre désormais au rachat de ses obligations à long terme, après avoir doublé le volume de son programme le 19 août. Cette intervention vise à enrayer la hausse des rendements longs, le 30 ans ayant atteint son plus haut niveau depuis 2007. Certains investisseurs y voient toutefois une tentative d’influer artificiellement sur les taux, ce qui a alimenté la défiance sur la partie longue de la courbe.
Source : Bloomberg
100 Mds$
C’est le seuil franchi pour la première fois par le chiffre d’affaires annuel d’Azure, la division cloud de Microsoft, à l’issue de son quatrième trimestre fiscal 2026. Sur le trimestre, le groupe a publié un chiffre d’affaires de 90 milliards de dollars, en hausse de 18 % sur un an, contre 87,6 milliards attendus par le marché. La division cloud représente désormais près des deux tiers de l’activité du groupe.
Source : FactSet
+9 %
C’est la progression annuelle du chiffre d’affaires trimestriel d’Alibaba publié le 20 août, supérieure aux estimations des analystes. Le groupe chinois a été porté par la demande pour ses services d’intelligence artificielle, la montée en puissance des applications d’IA soutenant les besoins en puissance de calcul. Une dynamique qui confirme l’élargissement du thème IA au-delà des seuls acteurs américains.
Source : Reuters


