A LA LOUPE
Pourquoi le Future ne vaut-il jamais exactement l’indice ?
Un investisseur qui consulte simultanément le CAC 40 et le contrat Future CAC 40 peut parfois être surpris. Alors que l’indice affiche 8 500 points, le Future peut coter 8 520 points, voire 8 470 points quelques semaines plus tard. Pourtant, ces deux références représentent bien le même marché actions français. Pourquoi une telle différence ? La réponse tient à trois éléments : le financement, les dividendes et le temps restant avant l’échéance.
Le CAC 40 représente la valeur instantanée des quarante principales capitalisations françaises.
Le Future CAC 40 est différent. Il s’agit d’un contrat dont le règlement interviendra à une date future prédéfinie. Son prix ne reflète donc pas seulement le niveau actuel de l’indice mais également le coût de portage jusqu’à son échéance. Pour simplifier, la valeur théorique d’un Future peut être résumée par la formule suivante :
Future = Indice + coût de financement – dividendes attendus
Cette relation explique l’essentiel des écarts observés au quotidien entre un indice et son Future. Imaginons qu’un investisseur souhaite reproduire le CAC 40 en achetant directement les quarante actions qui le composent. Cette opération nécessite de mobiliser immédiatement l’intégralité du capital nécessaire. Avec un Future, la logique est différente : seule une marge est immobilisée, le reste du financement étant implicitement intégré dans le contrat.
Lorsque les taux d’intérêt sont élevés, ce coût de financement augmente. Toutes choses égales par ailleurs, cela tend à faire coter le Future au-dessus de l’indice. Plus l’échéance est éloignée, plus cet effet peut devenir visible.
Le deuxième élément concerne les dividendes. Lorsqu’un investisseur détient directement les actions du CAC 40, il perçoit les dividendes distribués par les entreprises. En revanche, le détenteur d’un Future ne reçoit aucun dividende. Le marché intègre donc les dividendes attendus jusqu’à l’échéance du contrat dans son prix.
C’est pourquoi un Future peut parfois coter sous l’indice.
Prenons un exemple simplifié :
CAC 40 : 8 500 points
Coût de financement : +80 points
Dividendes attendus : -110 points
La valeur théorique du Future ressort alors à :
8 500 + 80 – 110 = 8 470 points
Le Future cote ainsi 30 points sous l’indice alors même qu’aucun investisseur n’anticipe nécessairement une baisse du marché.
La saisonnalité des dividendes joue un rôle important dans l’écart entre Future et indice. Dans de nombreux pays européens, une grande partie des dividendes est distribuée au printemps, généralement entre avril et juin. Durant cette période, les dividendes attendus peuvent représenter plusieurs dizaines de points d’indice. Leur impact sur les Futures devient alors particulièrement visible. Aux États-Unis, où les dividendes sont souvent distribués de manière trimestrielle tout au long de l’année, l’effet est généralement plus réparti dans le temps.
L’Allemagne présente également une particularité : le DAX est un indice intégrant les dividendes réinvestis, contrairement au CAC 40. La lecture des écarts entre l’indice et son Future peut donc différer de celle observée sur les autres grands indices européens.
À mesure que l’échéance approche, la durée de financement restante diminue et les dividendes attendus deviennent progressivement une réalité. L’écart entre le Future et l’indice tend donc naturellement à disparaître. Le jour de l’échéance, les deux valeurs convergent.
Arnaud Courtois
Société Générale Produits de Bourse, 25 août 2026
Produits pouvant intégrer un effet de levier présentant un risque de perte du capital en cours de vie et à l’échéance. Ces produits s’adressent à des investisseurs avertis possédant suffisamment d’expérience pour comprendre leurs caractéristiques et pour en évaluer les risques et capables de suivre leur évolution en temps réel.
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CHIFFRES CLÉS
4 Mds$
C’est le montant minimum par opération que le Trésor Américain consacre désormais au rachat de ses obligations à long terme, après avoir doublé le volume de son programme le 19 août. Cette intervention vise à enrayer la hausse des rendements longs, le 30 ans ayant atteint son plus haut niveau depuis 2007. Certains investisseurs y voient toutefois une tentative d’influer artificiellement sur les taux, ce qui a alimenté la défiance sur la partie longue de la courbe.
Source : Bloomberg
100 Mds$
C’est le seuil franchi pour la première fois par le chiffre d’affaires annuel d’Azure, la division cloud de Microsoft, à l’issue de son quatrième trimestre fiscal 2026. Sur le trimestre, le groupe a publié un chiffre d’affaires de 90 milliards de dollars, en hausse de 18 % sur un an, contre 87,6 milliards attendus par le marché. La division cloud représente désormais près des deux tiers de l’activité du groupe.
Source : FactSet
+9 %
C’est la progression annuelle du chiffre d’affaires trimestriel d’Alibaba publié le 20 août, supérieure aux estimations des analystes. Le groupe chinois a été porté par la demande pour ses services d’intelligence artificielle, la montée en puissance des applications d’IA soutenant les besoins en puissance de calcul. Une dynamique qui confirme l’élargissement du thème IA au-delà des seuls acteurs américains.
Source : Reuters


